Mon Paris d'à moi
Mon Paris d’à moi, c’était tout d’abord la rue Mouffetard, un vieil amour du prénom de Patrick qui avait vingt ans en 1981, des images de bouquinistes le long des quais, un vieil hôtel avec une armoire dans laquelle nous cachions nos bouteilles de pinard vides.
Mon Paris d’à moi, c’était une gouaille populaire, des chauffeurs livreurs en voix tôt le matin, des odeurs de baguette, des envies de Rimbaud en peinture dans des musées d’Orsay, des recueils de Verlaine et d’Aragon, des ribambelles d’Eluard le long des quais de Seine.
Mon Paris d’à moi c’est une cour carrée du Louvre, une pyramide de verre dans une architecture de pierres, un arche en béton embrassant une vue qui est un glaive pénétrant. C’est
Mon Paris d’à moi, c’était mes rêves de gosse, mon temple de la culture, c’était une vision prophétique.
Mon Paris d’à moi n’existe plus, il n’est plus qu’illusion. Fréhel chante du hip hop, la star des ministres de la culture défile en tête des technos parade, la langue verte des banlieues est remplacée par les « Nique ta mère » et les « va te faire enculer bouffon ». J’ai rêvé d’une capitale pour me rendre compte que
Je rêvais de Paris dans mes jeunes années, aujourd’hui mon Paris est partout. Néanmoins, je garde de la capitale ses monuments, ses promenades, ses musées, mais je n’y trouve plus d’âme, plus cette particularité qui me faisait considérer Paris comme une autre province, ou alors juste quelques bribes éparses ici et là.
RcW avril 2007