Préjugés sur l'Alsace...

Publié le par RCW

PREJUGES SUR L’ALSACE ET AUTRES INCONGRUITES

Le Bretzel est une arme terroriste : Même si Georges Dobeliou Bush, Président américain, a failli s’étrangler avec cette délicieuse pâtisserie salée, il nous semble qu’un Président américain a certainement d’autres raisons de s’étrangler (note de l’auteur) et que, O tempora O mores, si Monsieur Bush a oublié de déguster en même temps que son petit encas une bonne bière de Schiltigheim, c’est surtout faute d’éducation. Cette dernière lui aurait fait glisser son Bretzel de sa gorge jusqu’à son estomac avec une légèreté inégalable et son palais eut été un ravissement.

Non, le Bretzel n’a pas été inventé par Monsieur Ben Laden ni par un talentueux pâtissier taliban !

Deux thèses s’affrontent quant à l’origine de cette douceur : certains disent qu’elle a été inventée par les celtes, où l'on représentait les planètes et les saisons sous forme de pâtisseries. Ainsi le pain en forme d'anneau, dit Jula, (début février), se gardait jusqu'aux moissons ; on le réduisait en chapelure pour la mélanger à la semence nouvelle. En Alsace, l'anneau était garni de quatre rayons en pâte, que l'on réduisit plus tard. D’autres, comme Charles Gérard dans L'Ancienne Alsace a Table semble croire que les Romains l'aient introduit chez nous sous le nom de " panis tordus ".

Quoiqu’il en soit, Monsieur Bush n’était  né ni sous les celtes ni sous les romains et les Amériques n’étaient que doux rêves.

Tirons en simplement comme leçon que si un quidam veut, par jalousie des richesses de notre région, détourner nos traditions culinaires en les faisant passer pour des armes de destruction, que nous sommes capables nous aussi de devenir violents en lapidant le dit quidam avec d’autres spécialités locales. Certes, il n’en mourra pas, mais il pédalera dans la choucroute pendant un moment.

 

 

Les Alsaciens parlent allemand : F’TAMI (Cri de guerre montrant une désapprobation profonde de ce qui vient d’être dit et qui permet d’extérioriser ce qui intérieurement se transformerait en ulcère hémorragique mortel. Ce cri aurait été poussé la première 36000 ans avec J.C. par un nouveau né à qui l’on aurait refusé un Bretzel. Conte populaire.). Non, l’alsacien parle l’alsacien ! L’alsacien est un dialecte germanique, certes, mais est aussi proche de l’allemand que le Danois ou le Suédois ! Nous ne connaissons pas l’équivalent de F’TAMI en suédois, mais dire à un suédois qu’il parle allemand aurait certainement le même effet viscéral, il s’en suivrait mort d’homme !

Définir ce dialecte est difficile, et en saisir l’intrinsèque richesse demande des années d’études très poussées. Il est une déclinaison, en patchwork de mots et d’images, aussi variée qu’un buffet de fromages français, aussi truculent en expressions que l’œuvre entière de Rabelais. Il peut être aussi dur à l’oreille qu’un discours de politique économique et aussi doux qu’un poème de Goethe ou qu’un écrit de Schiller. Pour qui a la finesse d’esprit de s’y plonger, il en ressortira une foultitude d’images, de références à la nature, à l’âme profonde de l’homme. Certains parlent même de lui comme de la langue source, de la référence initiale à toute langue parlée. Ce sont certainement des rêveurs, mais comment expliquer alors que le mot « Hop », utilisé dans chaque bouche locale au moins dix fois par jour, se retrouve déjà dans un mouvement musical new-yorkais appelé le « Hip Hop »… Affaire à suivre…

 

RcW 2006

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