Visiteurs

casino

Recherche

Derniers Commentaires

Présentation

Recommander

Publicité

Dimanche 20 mai 2007

Cet article se veut avant tout chose être un témoignage. Témoignage de trois années d’employé en tant que réceptionniste de nuit dans un hôtel deux étoiles, juste à côté d’une cité de banlieue, appelée le Marais (pas celui de Paris…), aussi connu que Hautepierre, du côté de Strasbourg. Bien qu’informaticien de métier, j’ai exercé ce travail en attendant mieux… des fois l’on attend longtemps… mais cela m’a permis d’être sur le terrain, de nuit, et d’être en contact direct avec les jeunes des banlieues. Certes, j’avais aussi une autre clientèle, plus classique de ce genre d’hôtel, des VRP bourrés, et des VRP à jeun et des VRP bourrés, ainsi que des parlementaires européens (ce fut ma récréation mensuelle), puis des VRP qui se prenaient pour des grand leaders, puis des VRP bourrés et arrivistes, etc. Même si ce genre de description peut paraître glauque, elle est hélas proche de la vérité.

 

Si je suis tenté par écrire un article sur ce vécu, c’est avant tout pour démentir ce que les médias et nos politiciens, toujours très documentés et familiers du milieu de la nuit, osent nous annoncer comme vérité évidente, reconnue et vérifiée !

Je tiens à insister en revanche sur le fait que ce que j’avance est dû à mes constatations et uniquement à mes constatations et également réduit aux seuls jeunes fréquentant les hôtels (âgés de 18 à 28 ans environ). Si je me donne le temps de parler de cela, c’est que j’en suis arrivé à être exacerbé d’entendre parler de la polygamie, des intégristes, etc. responsables des problèmes des cités.

 

Ÿ      Les intégristes musulmans manipulent les jeunes des cités

 

Si cela devait effectivement être le cas, ben les intégristes en question auraient très mal fait leur boulot ! Il fut très rare de rencontrer des jeunes gens respectant scrupuleusement les lois islamiques de base, du moins celles que je connais. Servant des encas, il me fut souvent demandé de servir des plats sans porc, mais cela n’empêchait en rien de demander en accompagnement des whiskies, des bières alcoolisées ou des vodkas pomme à gogo… Cela me paraissait d’ailleurs bien étrange et je faisais souvent la remarque quand un tel client trouvait scandaleux que la plupart des plats proposés contenaient du porc qu’en tant que bon musulman, il se devait normalement de ne pas consommer d’alcool… J’appelle cela l’Islam de façade, celui qui permet juste de dire « je suis différent de toi, je ne vis pas comme toi, etc… » Un peu le côté rebelle de tout jeune en fait.

 

Ÿ      C’est le chômage qui est responsable de la conduite des jeunes….

 

Difficile de répondre par la négative à cette affirmation. Je pense que narrer une anecdote sera beaucoup plus explicite…

Lors des émeutes des banlieues, les caïds des cités en étaient arrivés à en avoir marre de se faire contrôler jusqu’à neuf fois par jour et avaient décidé d’élire domicile dans des chambres d’hôtel pour avoir la paix. C’est là que j’ai eu l’occasion de discuter des émeutes vraiment précisément avec eux. Ils furent les premiers à condamner les mineurs qui incendiaient les voitures des voisins ainsi que les centres sportifs, en l’occurrence, un club de canoë-kayak qui avaient été créé par la municipalité pour les jeunes. Ils ne se sentaient en rien concernés, au contraire, ces émeutes avaient plutôt gêné leur trafic habituel. Ils me demandèrent combien je gagnais par mois. Je n’ai jamais eu honte du salaire gagné en hôtellerie, et j’étalais sans problème mes émoluments de 1200€/mois pour 39 heures de travail hebdomadaire, avec des horaires de 22h30 à 7h00 du matin. Ils me regardèrent, étonnés, l’un me disant : « Ben je me fais ça en un quart d’heure l’après midi… De plus, je touche le RMI et là je viens de m’acheter une BMW neuve, cash ! » Ils m’ont gratifié de 5€ de pourboire…

 

Au vu de cela, comment peut-on imaginer mettre des gens au travail qui gagnent illégalement jusqu’à 20 fois un salaire de smicard ? Quelle est la solution ? Certainement pas le fait de dire que c’est le chômage qui est responsable de la misère… Certes, j’entrevois certaines solutions, j’y reviendrai plus loin.

 

Ÿ      Il faut couper les allocations familiales aux parents pour qu’ils éduquent mieux leurs enfants….

 

C’est le genre de discours applaudi par toute personne qui ne connaît pas la réalité des faits !

Il est impératif de tenir compte d’une chose essentielle ! Souvent les parents de ces jeunes sont au chômage ou à la retraite et vivent avec de maigres ressources, assez insuffisantes pour des familles souvent nombreuses.  

Quand ce sont les enfants qui apportent les revenus principaux, le chef de famille a perdu son rôle de père, de dirigeant, ce sont les fils et les filles qui deviennent les leaders ! Il y a une inversion totale des valeurs. Couper les allocations n’aurait qu’un effet minimal la plupart du temps, et il suffirait de « dealer » un peu plus pour pallier les allocations disparues.

 

Il faut absolument se rendre compte que les marchés parallèles sont les marchés normaux de beaucoup de nos cités, et sont le tissu économique principal de ces cités.

Quand un garçon de 20 ans, au RMI, roulant en Mercedes ou BMW NEUVE peut se payer le Holiday Inn, le Sofitel ou le Hilton, il faut commencer à se poser des questions ! Je n’ai jamais eu de problème de paiement de chambre car j’ai toujours été payé cash, avec de l’argent sorti de portefeuilles remplis de liasses de billets ! J’ai rencontré des petits cons, mais la plupart de mes clients de ce genre étaient réglos, sympa, « cools ».


 

Ÿ      Constat d’insécurité

 

Certains discours, souvent de gauche ou d’extrême gauche, tendent à innocenter cette jeunesse particulière, ce n’est pas le but de mon article du tout ! En fait, ce ne sont pas les caïds qui me font peur dans ce milieu, loin de là, car ce sont des meneurs d’hommes, des gens qui savent se mettre à l’écart en cas de souci. Ils savent qu’ils ne sont innocents en rien, autant que les membres de la mafia, et leur comportement est toujours extrêmement sociable, poli.

Ce qui est dangereux, c’est la résultante d’une politique qui a bien voulu considérer que tout ce qui venait des ghettos, des cités était génial, était de l’art à part entière, que n’importe quel groupe de rap ou de taggeurs étaient des Léonard de Vinci ou des Mozart. C’est complètement faux au départ ! Mais personne ne se permet de critiquer cette culture ou sous culture de peur d’être taxé de racisme. N’importe quel livre écrit par quelqu’un issu de ce milieu doit être considéré comme un best seller, il est presque interdit de le critiquer. Là encore, j’en veux à une politique menée au départ par Jack Lang et complètement soutenue aujourd’hui par les médias, il est de bon ton de ne pas critiquer.

Cette espèce d’assurance d’être intouchables, d’être à l’abri car tout mot, tout acte contre un jeune de cité mène vers une culpabilisation (et si j’étais raciste ?) nourrit une arrogance sans nom justement de la part d’une partie de cette jeunesse envers les autres citoyens.

Les déplacements se font en bandes, cela donne une sécurité et une force. Personne n’a le courage, et je le comprends, de réagir vis-à-vis de trois individus dans une rame de tram à 22h30, même si on se fait dévisager, insulter, on baisse le regard, de peur de vexer involontairement l’un ou l’autre, et on est sans défense en cas d’attaque verbale ou physique.

Je me suis souvent fait insulter car j’ai refusé de louer une chambre à un mec ivre, à quelqu’un de sale, d’agressif. Forcément j’étais raciste ! Je ne suis raciste envers personne si ce n’est envers les cons, et ceux-là n’ont pas de couleur de peau particulière ou de style vestimentaire bien à eux ! Je me souviens aussi de cette policière avec laquelle j’ai discuté et qui s’est fait tabasser par 15 gars, quelle virilité ! 15 hommes contre une femme ! Ça c’est une preuve de courage, de force ! Une de mes collègues, aussi musclée qu’Arielle Dombasle a été agressée par trois mecs de 20 ans, et heureusement que nous avons pu intervenir à temps pour éviter un tabassage en règle. Cela est un comportement de lâche. Je n’aime pas citer des exemples pour en faire des généralités, mais les exemples sont nombreux. Autant j’aurais pu imaginer qu’une espèce d’instinct primaire du mâle dominant pouvait expliquer cela, mais il ne s’agit jamais d’un male dominant, mais d’un groupe de males qui, pris un par un, détalent comme des lapins en cas de heurt.

 

Ÿ      Les solutions (à mon humble et pauvre avis…)

 

Je suis pour une légalisation du canabis, immédiate ! Je suis persuadé que bon nombre de policiers doivent aller dans mon sens… Cela aurait deux effets :

-         Un impact immédiat sur le marché parallèle le plus fructueux, cela ferait disparaître la source de revenus principale et aurait peut-être comme effet de tourner ces jeunes vers un travail « normal ». Tenir un discours vantant les mérites d’un emploi, avec une retraite à la clé, ne peut avoir d’impact sur un garçon ou une fille de 20 ans. De plus, à 46 ans et ayant travaillé « normalement » depuis mes 20 ans à moi, je ne suis pas sûr du tout de toucher une retraite un jour…

-         Un impact sur les tabacs qui trouveraient là un nouveau débouché et aussi un impact sur les caisses de l’état qui trouveraient là un moyen inédit de rentrée d’argent.

 

Il faut mettre en place une surveillance vraiment accrue des autres marchés, qui sont les parfums, les bijoux, les pièces détachées, et il ne s’agit JAMAIS de faux ! Je ne suis pas de la Police pour savoir comment mettre cela en place, mais il est évident qu’il faut avant tout casser les sources de revenus !

 

Je souhaite aussi que les gens connaissant le terrain, véritablement, puissent avoir leur mot à dire. Il ne faut pas oublier une chose marquante : les médias qui ont mal joué leur rôle, surtout lors des émeutes ! Il n’y avait, à mon avis, aucune bande organisée, aucun complot. Il y avait simplement des jeunes, souvent mineurs, qui voyant que les copains de la ville d’à côté ou d’ailleurs, passaient à la télé, voulaient aussi devenir acteur. Quand la CNN a relayé les images en parlant de guerre civile en France, cela a créé une compétition de quartiers qui n’auraient peut-être même pas suivi le mouvement initial. Je suis intimement persuadé de cela. Si France 2 et TF1 avaient, de leur côté, vraiment parlé de cela comme d’un fait mineur voire pas parlé du tout des événements, je suis encore une fois persuadé que cela aurait relevé d’un incident. Mais il faut croire qu’un scoop valait la peine que ces événements puissent se terminer en tragédie, avec des morts des deux côtés. Je dois dire que la Police Française a su être assez exemplaire pour garder un calme relatif et éviter, justement, qu’il y ait des morts. Je ne sais pas ce qu’auraient donné les mêmes événements en Grande-Bretagne ou dans les pays de l’est.


 

Parallèllement

 

A lire : "Qu'Allah bénisse la France" de Abd al Malik, chez Albin Michel collection "Espaces libres"


RcW 20 mai 2007

Par RCW - Publié dans : Mes convictions, mes attaches
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 16 mai 2007

Même si la sécurité n’a pas été le centre de discussion de la dernière campagne électorale française de 2007, elle a toutefois été, à mon humble avis, un des facteurs de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la république.

 

Bien des analystes politiques tableront sur les reports de voix des électeurs du Front National, ou sur le report des voix centristes. Je ne sais pas, d’ailleurs, comment on a pu déterminer exactement les reports de voix, quelle est la méthode utilisée ? Je fus étonné que l’on chiffre exactement, dès 20 heures, le 22 avril, un report des voix centristes de 40% sur Sarkozy, 20% d’abstention et 40% de reports sur S. Royal, des voix du Front national de 66% sur Sarkozy, de 15% sur Royal, etc. (Source LCI) Dans mon entourage direct, le report des voix centristes a été de 100% sur Royal en l’occurrence ! Alors je suis un peu dubitatif et je me permets simplement de voir autre chose qu’une obéissance stricte à une consigne de vote, cela a été particulièrement flagrant pour l’abstention prônée par J.M. Le Pen et qui n’a été suivie que par 19% des électeurs (toujours selon LCI). Et les sondages sorties des urnes, je ne m’y fie que guère. Je suis persuadé qu’un sondage fait à Lille et à Marseille et  respectant scrupuleusement les catégories d’âge, les catégories sociales et les niveaux de vie reflètera des résultats tout à fait différents.

 

Alors, comment expliquez le vote Sarkozy différemment ? Certes, je suis d’accord pour dire que le P.S. est en partie responsable de l’échec de sa candidate, cette cohue entre les éléphants, les jalousies, etc. ont donné une vision un peu cacophonique du parti en soi et on était en droit de se demander comment S. Royal allait gouverner. Elle ne donnait pas l’image du candidat idéal, mais on pouvait se dire que si elle se faisait bien entourer, c’était jouable. D’ailleurs, son score final est tout de même assez élevé mine de rien.

Alors quelles sont les autres explications ?

 

Ÿ      Le mensonge sur le travail

Le premier mensonge a été ce martèlement continu de la France qui doit se lever tôt ! Il est clair que ce genre de message a particulièrement dû toucher une frange assez âgée de la population. Sarkozy a misé sur l’ignorance des gens ! Attaquer les 35 heures, tabler sur les heures supplémentaires qui allaient apporter des revenus supplémentaires, la réussite par le travail, voilà les arguments chocs qui ont justement marqué une population souvent retraitée, souvent d’une génération qui n’a pas connu le chômage en continu, qui est aujourd’hui effectivement propriétaire, et personne n’a contre attaquer de façon efficace ce message qui fut un leitmotiv ! Il y avait de quoi pourtant ! Comment se fait-il qu’aucun journaliste ni Ségolène Royal n’ait simplement cité les chiffres officiels du temps travaillé et de la productivité en France ? En effet, la productivité de la France (par personne occupée) est bien plus forte que la moyenne de la  zone Euro (source Fondation Robert Schuman), 78000 par rapport à 68000 environ. L’Allemagne, souvent citée en référence pour son économie en net progrès actuellement, ne compte pas plus d’heures travaillées par personne que la France (source Fondation Robert Schuman)! Voilà des arguments chocs qui auraient pu complètement déstabiliser un discours démagogique de premier ordre !

Comment se fait-il aussi qu’aucun média ne se soit correctement proposé de demander à Nicolas Sarkozy comment les heures supplémentaires allaient être générées ? Autant que je sache, toute entreprise est libre de demander à ses employés de faire des heures supplémentaires à ce jour, et rares sont celles qui le font ! Sans vouloir être professoral, il me semble que pour faire des heures supplémentaires, il faut déjà qu’il y ait une surcharge de travail ! Sans surcharge de travail, pas d’heures supplémentaires ! En étant aussi simpliste que notre Président, si je veux faire des heures supplémentaires pour augmenter mes revenus, et que mon entreprise n’en a pas besoin, je n’en ferai pas ! Que le revenu généré soit ajouté ou pas à mon net imposable !

 

Ÿ      Le mensonge sur la jeunesse

Comme tout le monde, j’ai entendu durant toute la campagne, dans la bouche de tous les candidats, de tous les journalistes ce terme générique : LES JEUNES !

Vu l’utilisation du terme, je suis persuadé que tout le monde comprend avant tout, les jeunes des banlieues, les jeunes immigrés ou de descendance d’immigrés ! Étonnant non ? L’insécurité vient des jeunes, il faut que les jeunes puissent trouver un travail, les jeunes et le chômage, etc.

PERSONNE ne cite de chiffres ! On retient les termes de quartier, de banlieue, de ghettos, des mots qui font peur ! A juste titre, je n’en disconviens pas ! Mais il faut remettre toutefois les choses à leur place ! Les immigrés et les étrangers représentent en 2004 13% de la population (Source INSEE). Par extrapolation, on ne peut pas arriver à dire que 80% des jeunes vivent dans les banlieues et sont au chômage ! Admettons que cela représente également 13% de la jeunesse française. J’en arrive au résultat que la plupart des français sont persuadés que ce danger extraordinaire, que cette crise de l’avenir du pays, que ce désoeuvrement est général. Fabuleux non ? Quelle en est l’explication ?

Il me semble avant tout que les médias, encore eux, sont à l’origine de cela ! Il n’y a pas ou presque pas d’informations nationales qui ne montrent un ou des jeunes typiques ou typés, râlant contre la police, le manque de moyen, le chômage, et souvent avec un accent caractérisé de banlieue, il faut presque sous-titrer pour comprendre le langage utilisé. Curieux non ? C’est l’utilisation de la méthode Coué pour bien faire comprendre le message ! Où sont donc les reportages sur les jeunes apprentis, sur les jeunes qui font un compagnonnage, sur les étudiants, sur les jeunes créateurs d’entreprises, sur les jeunes qui travaillent  alors qu’ils représentent la majorité ? Certes, ça fait moins scoop !

 

Je ne veux aucunement dire par là qu’il n’y pas de problème de sécurité, de problèmes de chômage dans les banlieues en question, je ferai un article particulier sur ce sujet grave  en me basant sur mon expérience de réceptionniste de nuit d’hôtel, car contrairement, encore une fois, à certains mensonges, le désoeuvrement et l’insécurité ne viennent pas plus de la polygamie que d’une raison génétique !

 

Mais un message est passé : le rétablissement de l’ordre !

 

Dans la tête de bon nombre de mes concitoyens, Nicolas Sarkozy a réussi, sans trop de problèmes, d’attaques de médias ou de la gauche, à faire admettre qu’il allait rétablir l’ordre ! Extraordinaire !

Superman va tout faire ! Il était au pouvoir depuis cinq ans et là, il réussit à se faire passer comme l’homme du renouveau ! Timidement, certains ont essayé de lui faire admettre cela, mais non, c’est le message de la rupture qui est passé !

 

En tout cas, je souhaite bonne chance à Nicolas Sarkozy et à son futur gouvernement ! Je suis un homme d’écoute et d’observation et il est clair que je préfère de loin une réussite qu’un échec pour notre pays.

 

Habemus Praesidentem !

 

RcW 16 mai 2007

Par RCW - Publié dans : Mes convictions, mes attaches
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 23 avril 2007

Dimanche 22 avril, comme tous les dimanches, j’ai ma mère au téléphone.  En revenant de son devoir de citoyen, elle a croisé un vieil ami, me dit-elle. Quelques paroles de circonstances sont échangées, puis on parle des élections… Mes parents ont toujours cette audace de savoir voter autrement que l’Alsace traditionnelle, et puis cet ami décrète « De toute façon, voter autre chose que Sarkozy, à quoi bon… Le Smic à 1500 euros est une utopie, aucune entreprise ne peut payer cela… » Ma mère réplique immédiatement que 1500 euros brut ce n’est rien et que de surcroît, une personne en location est de suite en difficulté avec une si petite somme, qu’elle a du mal à joindre les deux bouts, ma mère est une louve quand elle défend ses enfants, et là, en l’occurrence, elle pensait à ma pomme. Et cet ami eut cette phrase remarquable : « Mais tout le monde n’est pas en location… »

 

Il va sans dire qu’en Alsace, ce genre de personne va à l’église chaque dimanche, prier pour le salut de SON âme, prier pour SON bonheur, au détriment de ce que peut dire un Nouveau Testament. Mais est-ce donc le seul lot de l’Alsace ? Je ne pense pas. Oui, nous sommes dans un monde, une société française où même prier n’est plus altruiste, on ne prie que pour soi, on vote pour son petit confort, pour préserver son acquis, ou pour défendre son seul intérêt au mépris total d’un idéal, d’une vision globale d’un peuple et de son destin. « Après moi le déluge… » Louis XIV était un visionnaire !

 

J’attendais un tremblement de terre, il y eut à peine une secousse. Une révolution orange n’est pas possible ! Le meilleur des Hommes d’État ne peut faire carrière dans une société figée sur l’individualisme, figée sur la peur de la remise en question, sur un conservatisme qui va mettre au pouvoir un réel danger pour l’avenir non seulement d’une Nation mais de ce qui pouvait rester comme prise de conscience d’un bien-être global. Certains ont eu du courage, la plupart se sont résigné.

 

Monsieur Sarkozy, vous allez probablement gagner, et je vous en félicite ! De toute manière, vous n’avez pas d’adversaire à votre hauteur. Quand certains socialistes, notamment Messieurs Kouchner et Rocard prônent, osent un rapprochement vers le centre, Monsieur Hollande crie au scandale ! La gauche doit rester la gauche ! Il sait d’avance qu’il sera battu, du moins sa compagne. Mais simplement parce qu’il est têtu, idiot, qu’il a d’un Homme d’État ce qu’un Kebab a de la haute cuisine, parce qu’il refuse d’admettre qu’on peut travailler ensemble, parce qu’il préfère perdre seul que de gagner à deux, parce que par égoïsme il met la France en jeu, Monsieur Hollande refuse ! Tout le monde se tait ! Où est donc l’intelligence de Mitterrand dans ce parti ? N’ont-ils donc rien retenu ? Monsieur Hollande, vous n’avez rien à faire en politique !

 

J’incrimine aussi les médias dans cet échec ! Les médias ont construit les candidats, les ont façonné. Notre Télévision Française, celle que j’ai connue il y a vingt ans, celle qui osait des émissions culturelles à 20h30 est morte depuis longtemps. Oh, pas du tout par incompétence ! Avec l’assentiment des différents gouvernements en place, ils ont abruti les citoyens, à en faire des ânes bâtés. Ils leur ont inculqué des peurs, des façons de penser, des besoins essentiels qui sont des futilités ! Les médias ont créé les scoops qui font oublier les informations vitales ! On a bourré le crâne des gens de grippe aviaire quand on bombardait Bagdad, puis on a tout focalisé sur le CPE (repris aujourd’hui par Ségolène Royal sous un autre nom ainsi que par Sarkozy), celui-ci a été remplacé par l’affaire Clearstream à laquelle personne n’a rien compris, mais ça faisait la une ! Personne ne parle du fait que Sarkozy veut faire voter par l’assemblée l’adhésion à la constitution européenne ! Du moins, aucun média…  Je suis profondément européen et j’avais voté OUI à la constitution mais je trouve SCANDALEUX de remettre en question un référendum national, de l’annihiler, de s’en moquer, et personne ne dit quoi que ce soit ! Aucune question n’a été posée à ce sujet ! Ségolène Royal veut refaire un référendum, ce n’est pas mieux ! Mais de qui se moque-t-on donc ?

 

J’ai peur que nous allions vers un chaos… Mais peut-être cela est nécessaire… Je garde juste en tête cette phrase que j’ai écrite à la mère de mon compagnon… « Être comme une branche au-dessus du fil de l’eau, rester juste au dessus des choses, les observer et frôler tout de même le fil de la vie… » C’est très joli certes, mais en étant au-dessus de tout, on voit les belles choses mais aussi toute la merde.

 

RcW 23 avril 2007

Par RCW - Publié dans : Mes convictions, mes attaches
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 10 avril 2007

Autant j’adore écrire des articles humoristiques, autant certains éléments de l’actualité me laissent sans voix, autant d’autres me font bondir !

Il paraît que l’Histoire se répète ! Certes, nous avons déjà eu droit au « Travail qui rend libre », cette sinistre phrase, simplement traduite en français, qui était la phrase d’accueil d’Auschwitz, maintenant nous avons droit à un simulacre de cours de psychologie appliquée ! Autant que je sache, Monsieur Sarkozy, vous avez fait des études de droit, et justement, de quel droit venez-vous maintenant nous donner des cours de génétique ??? Vous n’avez aucune connaissance en ce domaine, vous n’avez même pas les bases pour formuler vos théories concernant le suicide des jeunes, la pédophilie, ni aucune connaissance concernant les cancers, les maladies de Parkinson. Tout comme moi, vous devez juste avoir la notion du fait de prendre une aspirine ou un ersatz en cas de maux de tête ou de léger rhume.

Je vous accuse donc d’abuser de la crédibilité de nombre de mes concitoyens pour émettre des thèses juste bonnes à faire voter pour vous par des gens qui vous croiront instruits, car eux ne le sont malheureusement pas assez pour faire la part des choses ! Être psychiatre ou généticien demande d’autres connaissances que les vôtres, Monsieur, et hélas, j’ai bien d’autres craintes…

 

Il ne faut, en effet, pas être sorti d’une haute école pour se rendre compte de votre esbroufe, et si le niveau de vos connaissances en médecine est le même en économie, en relations étrangères, en stratégie militaire, en diplomatie, je commence vraiment à craindre pour la France où, décidément, tout est possible.

 

Si mes souvenirs sont exacts, le genre de discours que vous tenez, Monsieur, ressemble fort à celui d’un certain Monsieur Adolf H. qui était entouré de Docteurs Mengele et autres, et qui faisaient le même type de médecine expérimentale que vous…

 

J’espère que Dieu, dans son infinie bonté, saura guider mes concitoyens vers d’autres voies, ou alors il vous fera élire pour que nous puissions, à l’avenir, nous méfier à jamais de personnages tel que le vôtre.

 

RcW avril 2007

Par RCW - Publié dans : Mes convictions, mes attaches
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 27 mars 2007

- D'où vient cette envie d'écrire ?

Je crois que déjà au collège je soignais mes « devoirs de français » et je suis un passionné de littérature depuis ma tendre enfance. Ce furent les prémices disons. Certes, mon orientation a été bien différente d’une orientation littéraire, et là j’incrimine fortement les conseillers d’éducation d’une certaine époque qui faisaient très mal leur travail, sinon je n’aurais en rien fait un baccalauréat de comptabilité suivi d’un BTS d’informatique. Mais bon, c’est ainsi. A l’âge de vingt ans, j’avais fait une émission sur les premières radios libres consacrée à la poésie française. Cela peut paraître curieux, mais j’avais surtout envie de présenter la poésie autrement que ne l’avaient fait mes divers professeurs de français, c'est-à-dire que je voulais considérer un texte poétique comme un tout, une œuvre entière lue sur des musiques. Un peu ce que fait d’ailleurs « Grand corps malade » que je soupçonne de plagier mon travail de l’époque (Sourire). J’étais un peu écoeuré de ce découpage en vers, en syllabes que faisaient les professeurs car le texte perdait sa valeur initiale, son impact. C’était comme regarder une toile de maître découpée en parcelles de un centimètre carré, l’œuvre perdant ainsi tout le sens initial.

L’envie d’écrire est venue très tôt en fait, je me souviens que mon premier achat, suite à un travail d’été, a été celui d’une machine à écrire…. J’avais commencé  à écrire un premier roman à l’âge de 21 ans, j’ai hélas perdu les feuillets. Puis il y a eu ma carrière professionnelle qui me prenait énormément de temps, une vie privée chaotique et puis certainement que je tentais de rattraper beaucoup d’une adolescence mal vécue qui faisait que je sortais énormément. Mais la lecture faisait toujours partie de mes loisirs. Cette vie m’a amené à un mal être que j’avais du mal à définir, celui-ci a été suivi par une tentative d’auto destruction de plus en plus forte qui a été concrétisée par une relation passionnelle avec l’alcool et une tentative de suicide. Comme je n’ai pu vraiment verbaliser tout cela avec les psychiatres ni avec mes proches, j’ai retrouvé mon premier amour, soit la littérature afin d’avoir un moyen d’expression. D’autres se seraient tournés vers la peinture, la musique, j’ai utilisé cette voie, car c’est celle qui me convenait le mieux. J’ai pu ainsi, par le biais de mes personnages, dire ce qui se passait dans ma tête. Certes, on va dire que j’ai utilisé l’écriture comme thérapie, cela peut se concevoir de cette manière, mais j’utilise l’écriture comme moyen d’expression avant tout.

 
- Combien de temps t'a-t-il fallu pour écrire "Victor" ?

Il est difficile de donner un temps exact. J’ai commencé à écrire Victor quand j’avais perdu mon travail, mon appartement, mon compagnon. Certes, j’ai bien écrit les premières pages à ce moment, puis tout cela a été entrecoupé de nouveaux internements à l’époque, de nouvelles crises d’alcoolisation… Une partie a été écrite chez mes parents, une partie dans un deux pièces meublé près de la cathédrale, une partie en internement psychiatrique (j’avais du coup tous les exemples sous les yeux) et Victor a été finalisé en 2003. Cela n’a pas été un travail en continu, mais j’estime que sur une période de trois ans, j’ai du consacré une dizaine de mois à ce travail. D’ailleurs, j’ai mis à peu près le même temps pour mon deuxième roman, c’est peut-être cela ma vitesse de croisière. Il ne faut pas oublier qu’un écrivain a un travail à côté, une vie privée, et qu’il lui faut trouver dans tout cela du répit, de l’inspiration, du recul etc.


- Avec le recul, quand tu regardes Victor (le personnage), qu'est ce que tu aimes le plus chez lui ? Qu’est ce que tu aimes le moins ?

Ah c’est une question piège. Je ne peux pas détester ou aimer Victor. Il est le reflet de mes  pensées, de ce qui se passe ou s’est passé dans ma tête. Alors le détester, c’est être masochiste et l’aimer c’est être narcissique. Certes, Victor est certainement beaucoup plus impoli que Robert Wirth dans la vie, il a un sens de la répartie que je n’ai pas du tout, il dit tout haut ce que je peux penser tout bas et il a un sacré culot tout de même. Par contre, je drague autrement (sourire) et si j’avais eu Alexandre en face de moi, je l’aurais certainement traité avec beaucoup plus de tendresse. Mais Victor est dans une phase de révolte complète, il est maltraité, bafoué par des psys, une famille qui ne le comprend pas et il a certainement ses raisons d’être ce qu’il est également.


- Qu'est ce qui t'a poussé à publier ce manuscrit ?

Il n’y a pas une raison, il y en a plusieurs. La plus forte a certainement été que je voulais publier le témoignage d’un homosexuel alcoolique par lui-même, dire ce qui peut se passer dans la tête d’un homme perdu. J’avais besoin de hurler que je souffrais autant que mon entourage, besoin de verbaliser un mal, sans toutefois oublier un humour qui me semble nécessaire dans ce genre d’entreprise, et mon humour est un peu ma patte aussi. Puis il y a eu la dénonciation d’un système psychiatrique typiquement français, retranché dans sa tour d’ivoire, et puis en dernier, je tenais à prouver que j’étais à nouveau un homme debout et il y a une pointe de vengeance envers tous ceux qui m’ont laissé tomber quand j’étais à terre.


- Est ce qu'il y a un ou des passages que tu regrettes d'avoir mis (ou de ne pas avoir mis) ?

Je ne regrette aucun passage du livre, sinon je l’aurais enlevé. Par contre, il est clair que je suis très loin d’avoir tout mis. C’est bien pour cela que je continue à écrire, car ce premier roman est juste une mise en bouche de tous ceux que j’ai envie d’écrire. Certes, cette façon autobiographique de dire les choses peut être dangereux, car c’est mettre une vie privée en pâture publique. Victor est très autobiographique, surtout dans le ressenti des choses. Dans les faits, l’univers de la psychiatrie et des relations familiales est authentique. Mes prochains romans le seront beaucoup moins dans les faits, mais les idées, les sentiments et les opinions seront toujours les miennes. Je regrette par contre que certaines personnes aient pu penser que je réglais des comptes avec ma famille. Je démens complètement cela. Mes relations familiales sont au mieux aujourd’hui, et il s’agissait pour moi de relater des faits, c’est tout. Je souhaite simplement que ce livre puisse être un moyen d’amenuiser la difficulté de communication entre proches..

 


- On dit qu'un livre pour un auteur est son "bébé", es tu fier de ton bébé ?

Je ne peux pas dire que je me sente fier de cela. Écrire un livre est un travail de longue haleine, de patience et puis l’éditer ensuite est encore une difficulté supplémentaire. Alors quand on arrive au résultat final, c’est comme lorsque l’on pose la dernière pierre d’une maison, on trouve normal à ce moment là que la maison soit debout. Certes, c’est mon bébé, mais le mot fierté n’est pas exact. On ressent une certaine satisfaction, ça oui.


- Si tu avais la possibilité là d'avoir l'avis d'une célébrité (passée ou présente) ce serait celui de qui ?

Je n’aime pas trop le mot de « célébrité » car on met tout et n’importe quoi sous ce mot, autant un Massimo Gargia qu’une Lorie dont les avis m’importeraient franchement peu. Mais avoir l’avis de Louis Ferdinand Céline ou de Michel Houellebecq ou de Frédéric Beigbeder serait assez génial, même si leur verdict me foutrait une trouille terrible.

 

- Si là tu devais rencontrer Victor, que lui dirais tu ?

Salut frangin ! Alors, un peu calmé ?


 




 
Par RCW - Publié dans : Les questions diverses que l'on me pose...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 27 mars 2007

Le principal trait de mon caractère ?
La générosité


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis ?
Qu’ils ne me jugent pas.


Mon principal défaut ?
La naïveté


Mon occupation préférée ?
Écrire, communiquer


Mon rêve de bonheur ?
Une retraite dans les Laurentides ou dans le Gers à faire du foie gras.


Quel serait mon plus grand malheur ?
Perdre mon compagnon


Ce que je voudrais être ?
Certainement aimé et respecté


Le pays où je désirerais vivre ?
Au Québec ou en Suisse tiens…


La couleur que je préfère ?
Le bleu


La fleur que j'aime ?
La rose rouge ou la rose blanche


L'oiseau que je préfère ?
Le merle le matin dans la campagne


Mes héros dans la fiction ?
Les personnages des films de Denys Arcand


Mes compositeurs préférés ?
Bach, Mozart, Schubert, Mahler, ça dépend des moments


Mes peintres favoris ?
Modigliani, Le Caravage


Ce que je déteste par-dessus tout ?
Le mensonge


Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence ?
Le manque d’intelligence, les erreurs de jeunesse que l’on reconnaît


Ma devise ?
Toujours dire aux gens combien on les aime, on peut mourir d’une seconde à l’autre et regretter de s’être tu.

Si tu rencontre Dieu demain, que lui dis tu ?

Si tu es vraiment Amour, alors je suis heureux d'être là.


Par RCW - Publié dans : Les questions diverses que l'on me pose...
- Voir les commentaires - Recommander
Mardi 20 mars 2007

PREJUGES SUR L’ALSACE ET AUTRES INCONGRUITES

Le Bretzel est une arme terroriste : Même si Georges Dobeliou Bush, Président américain, a failli s’étrangler avec cette délicieuse pâtisserie salée, il nous semble qu’un Président américain a certainement d’autres raisons de s’étrangler (note de l’auteur) et que, O tempora O mores, si Monsieur Bush a oublié de déguster en même temps que son petit encas une bonne bière de Schiltigheim, c’est surtout faute d’éducation. Cette dernière lui aurait fait glisser son Bretzel de sa gorge jusqu’à son estomac avec une légèreté inégalable et son palais eut été un ravissement.

Non, le Bretzel n’a pas été inventé par Monsieur Ben Laden ni par un talentueux pâtissier taliban !

Deux thèses s’affrontent quant à l’origine de cette douceur : certains disent qu’elle a été inventée par les celtes, où l'on représentait les planètes et les saisons sous forme de pâtisseries. Ainsi le pain en forme d'anneau, dit Jula, (début février), se gardait jusqu'aux moissons ; on le réduisait en chapelure pour la mélanger à la semence nouvelle. En Alsace, l'anneau était garni de quatre rayons en pâte, que l'on réduisit plus tard. D’autres, comme Charles Gérard dans L'Ancienne Alsace a Table semble croire que les Romains l'aient introduit chez nous sous le nom de " panis tordus ".

Quoiqu’il en soit, Monsieur Bush n’était  né ni sous les celtes ni sous les romains et les Amériques n’étaient que doux rêves.

Tirons en simplement comme leçon que si un quidam veut, par jalousie des richesses de notre région, détourner nos traditions culinaires en les faisant passer pour des armes de destruction, que nous sommes capables nous aussi de devenir violents en lapidant le dit quidam avec d’autres spécialités locales. Certes, il n’en mourra pas, mais il pédalera dans la choucroute pendant un moment.

 

 

Les Alsaciens parlent allemand : F’TAMI (Cri de guerre montrant une désapprobation profonde de ce qui vient d’être dit et qui permet d’extérioriser ce qui intérieurement se transformerait en ulcère hémorragique mortel. Ce cri aurait été poussé la première 36000 ans avec J.C. par un nouveau né à qui l’on aurait refusé un Bretzel. Conte populaire.). Non, l’alsacien parle l’alsacien ! L’alsacien est un dialecte germanique, certes, mais est aussi proche de l’allemand que le Danois ou le Suédois ! Nous ne connaissons pas l’équivalent de F’TAMI en suédois, mais dire à un suédois qu’il parle allemand aurait certainement le même effet viscéral, il s’en suivrait mort d’homme !

Définir ce dialecte est difficile, et en saisir l’intrinsèque richesse demande des années d’études très poussées. Il est une déclinaison, en patchwork de mots et d’images, aussi variée qu’un buffet de fromages français, aussi truculent en expressions que l’œuvre entière de Rabelais. Il peut être aussi dur à l’oreille qu’un discours de politique économique et aussi doux qu’un poème de Goethe ou qu’un écrit de Schiller. Pour qui a la finesse d’esprit de s’y plonger, il en ressortira une foultitude d’images, de références à la nature, à l’âme profonde de l’homme. Certains parlent même de lui comme de la langue source, de la référence initiale à toute langue parlée. Ce sont certainement des rêveurs, mais comment expliquer alors que le mot « Hop », utilisé dans chaque bouche locale au moins dix fois par jour, se retrouve déjà dans un mouvement musical new-yorkais appelé le « Hip Hop »… Affaire à suivre…

 

RcW 2006

Par RCW - Publié dans : Mon Alsace d'à moi....
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 20 mars 2007

LE FOIE GRAS

VIEILLE QUERELLE CULINAIRE ENTRE LE SUD OUEST ET L’ALSACE


Il y a eu la Guerre de Cent Ans, la guerre pour savoir qui de l’œuf ou de la poule était là en premier, la guerre pour savoir si le café bu à Athènes était d’origine turque ou grecque en définitive, si le Mont Saint Michel est finalement en Bretagne ou en Normandie, depuis 400 ans il existe une guerre terrible entre la France et l’Allemagne pour s’accaparer notre région, il est à espérer que de ce côté-là le dernier consensus fasse office de loi pour les siècles à venir !

Je préfère me taire quant à l’amalgame fait pendant longtemps par les parisiens qui osaient demander bêtement à n’importe quel quidam de l’est si Strasbourg se situait en fait en Allemagne ou en France. On ne peut même pas parler de guerre dans ce cas, mais carrément de prémices de conflit mondial !

 

Mais tout cela n’est rien comparé à une guerre bien plus grave, pourtant méconnue du grand public. Et pourtant elle est comme une gangrène qui ronge tous nos restaurateurs, nos charcutiers, nos ménagères de tout âge, nos grands-mères, nos mères et nos femmes ! A l’approche de Noël, toutes les joies de la fête sont gâchées par le même souci : le foie gras est-il alsacien ou vient-il du sud- ouest de la France ?

Nos médecins soignent à ce moment là des dépressions graves, des ulcères d’estomac, des tentatives de suicide de familles de traiteurs et autres épiciers.

 

Stoppons tout cela !!!! De brillants et éminents journalistes se sont penchés sur le problème et ont fait un travail d’investigation sans précédent ! Hélas, nous ne pouvons nommer leurs noms, pour éviter toute tentative d’assassinat ! Néanmoins, le constat est le suivant :

 

"Le foie gras, venu d'Alsace, s'est répandu dans le sud-ouest de la France, après 1870, amené par les éleveurs du Haut et du Bas-Rhin qui refusait de marcher au pas prussien."

 

ENFIN nous pouvons affirmer avec aisance, fierté et avec un oeil moqueur, que le foie gras est une invention alsacienne ! Les grands pontes de la cuisine landaise ou périgourdine n'ont qu'à bien se tenir, ainsi que tous ceux qui osent prétendre que le foie gras du sud-ouest est meilleur que le nôtre, car il n'est que plagiat.

 

Nous estimons qu'il était temps que cette injustice soit réparée !  Les alsaciens sont d’ailleurs conviés à  aller de ce pas à la cathédrale afin d’allumer quelques cierges. Sauvons l'âme des journalistes qui ont mis en lumière cette vérité historique !

 

 

RcW 2006

Par RCW - Publié dans : Mon Alsace d'à moi....
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 14 mars 2007

La France présidente où tout est possible

A moins d’un mois du premier tour des élections présidentielles françaises, me voilà pris, tout d’un coup, d’un énorme doute !  Pour qui voter ? Depuis des mois, les médias me bassinent entre « Ségo » et « Sarko », ou, autrement dit, entre une nouvelle maman de tous les français et le tonton flingueur ! Oui, un énorme doute m’envahit… qui va décider de mes nouveaux impôts, de mon augmentation de smic, de mon avenir professionnel, de mes allocations, de ma nouvelle vision du monde, de ma santé par des slogans incitateurs à moins manger, moins fumer, moins boire, faire plus de sport, car à les écouter, tout cela est en jeu ! Je n’ai plus d’autre choix que celui de deux visions du monde ! Fichtre ! Moi qui me croyais dans un pays démocratique, où toutes les visions du monde étaient possibles, où chacun pouvait s’exprimer librement, voilà que les radios, les chaînes de télévision, les journaux me prédisent à l’avance ma destinée, ou plutôt l’une ou l’autre destinée ! Oui le mot peut paraître fort, mais ce n’est pas moi qui ai inventé le slogan de « destin de la France » …

 

Oui, je pourrais partir d’un principe simple en disant que mon cœur est à gauche et mon portefeuille à droite, et comme mon portefeuille est vide, le choix est vite fait… mais j’ai un doute…

 

Oui, je doute de Madame Royal ! Oh, pas du tout par misogynie, mes meilleurs amis comptent plus de femmes que d’hommes, je suis loin de cette pensée réductrice qu’une femme est plus incapable qu’un homme, mais je doute simplement des compétences de CETTE femme ! N’en déplaise à Madame ou Mademoiselle Alonso qui prône son féminisme exacerbé en hurlant au scandale dès que l’on doute de la gent féminine ! Il est clair que traiter une femme d’idiote est dévalorisant, mais traiter un homme de connard est naturel… 

J’étais offusqué aussi d’une phrase sidérante dans un des discours de la candidate « naturelle » du P.S. (je reviendrai au terme de « naturel » un peu plus loin…) qui trouvait scandaleux le fait que les femmes se fassent violer en cas de guerre ! Certes, je suis tout aussi scandalisé que Ségo, (qui ne le serait pas !), mais j’aurais vachement apprécié qu’elle ajoute à cela que les hommes se font en général tuer. Je ne sais lequel des deux sorts est le plus enviable d’ailleurs ! En ce qui me concerne, j’aurais plutôt trouvé scandaleux toute guerre, quelle qu’elle soit, j’aurais tenu un discours qui serait plutôt allé vers éviter les causes de la guerre que les conséquences.

 

Et puis elle a cette manie de dire « oui » à tout le monde sachant pertinemment que toutes les promesses sont impossibles à tenir. Vêtue de blanc, elle désire apparaître comme étant la Madonna des Français !

Ah, j’allais oublier l’affiche ! Madame s’affiche en noir et blanc. Peut-être une double explication à cela… Soit effectivement, elle veut donner cette image vieille France qu’elle véhicule tant, soit elle met déjà en action sa « démocratie participative », comme disait un plaisantin, afin de fournir l’affiche et de permettre au citoyen de la colorier !

 

A l’opposé de la dame en blanc, nous avons le Roquet de droite, enfin… il est d’extrême droite quand il s’agit de se démarquer, il cite Blum et Jaurès quand il veut chercher des voix de gauche et tout d’un coup il est aussi centriste. Nicolas est donc une girouette, ou alors l’homme duquel il faut vraiment se méfier, car finalement il a les idées de tout le monde avant les élections et je commence vraiment à avoir une trouille monumentale des siennes ! Il était contre Chirac lors du « Non » français à la deuxième guerre du golfe, et c’est peut-être l’influence de Douste-Blazy, anciennement maire de Lourdes, que miraculeusement il est maintenant pour…  Je ne sais pas si ma perception des choses est partagée, mais j’avais regardé son intronisation officielle en tant que candidat. J’avoue avoir été ému, pris pas ce discours fort, pathétique, salvateur de notre France en soi-disant détresse. Puis je me suis observé, comme ça, tout seul, sur mon canapé. J’ai commencé à avoir une chair de poule, ce genre de truc que l’on ressent en écoutant une chanson nostalgique, mais il ne s’agissait tout d’un coup aucunement d’une nostalgie de vieilles amours ou de relents d’enfance, mais d’une crainte sournoise d’un autre temps. Il y a déjà eu un homme qui disait tout haut « que le travail libèrait », en effet, cette citation est au fronton des anciens camps de concentration nazis « Arbeit macht frei ». Là, mon admiration du discours (fort bien écrit ma foi) s’est transformée en panique. Je retrouvais d’un coup la même démagogie, la même utilisation d’un exemple précis pour en faire une généralité, bref une abjection.

Bien entendu, je ne veux pas dire par là qu’il est le clone de l’autre…. Mais quand on utilise une terminologie dictatoriale, alors là je fuis.

 

Alors oui, ce sont les deux candidats naturels des deux partis en compétition ! Mais qui a décrété et créé ces personnages finalement ? A bien y réfléchir, je ne suis pas si sûr que sans les médias, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy seraient aujourd’hui vraiment les candidats des deux partis, soit de l’UMP et du PS…. Donc, il n’y a rien de naturel dans tout cela, pas du surnaturel non plus, bien entendu, mais simplement une image construite, agrandie, transformée par les médias, le nouveau clergé ! Ils ont voulu ces deux candidats, ils les ont eu ! D’ailleurs, ils prophétisent déjà le deuxième tour ! C’est extraordinaire !

 

Et puis, à côté de cela, arrive un candidat que l’on n’attendait pas du tout, presque au même niveau que les deux élus des journalistes, sans leur aide, un petit virus qui change de discours, qui prône un rassemblement de compétences ! Ah, il dérange celui-là, car il sort du lot, de la nomenklatura habituelle. Il n’est ni avocat (qui n’a jamais exercé, n’est-ce pas Nicolas, ni fils de militaire qui désire se venger du joug autoritaire de son papa, n’est pas Ségolène), mais il est littéraire, a été fermier et a des idées pragmatiques qui tiennent debout ! Je lui souhaite bon vent à cet outsider, ainsi qu’aux « petits candidats » qui font encore vivre ce que j’appelle une démocratie ! J’espère que tous les pronostics « deuxième tour » tomberont à l’eau, non pas pour revivre 2002 mais simplement pour donner raison à un peuple et non pas aux faux prophètes, aux manipulateurs, aux vampires des scoops.

 

Je ne dis pas pour qui je vote, mais disons que j’ai une pensée affectueuse pour Alain Duhamel.


 

RCW Mars 2007

Par RCW - Publié dans : Mes convictions, mes attaches
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 13 mars 2007

Mon Paris d’à moi, c’était tout d’abord la rue Mouffetard, un vieil amour du prénom de Patrick qui avait vingt ans en  1981, des images de bouquinistes le long des quais, un vieil hôtel avec une armoire dans laquelle nous cachions nos bouteilles de pinard vides.

 

Mon Paris d’à moi, c’était une gouaille populaire, des chauffeurs livreurs en voix tôt le matin, des odeurs de baguette, des envies de Rimbaud en peinture dans des musées d’Orsay, des recueils de Verlaine et d’Aragon, des ribambelles d’Eluard le long des quais de Seine.

 

Mon Paris d’à moi c’est une cour carrée du Louvre, une pyramide de verre dans une architecture de pierres, un arche en béton embrassant une vue qui est un glaive pénétrant. C’est La Défense comme les rues du Marais, c’est le Panthéon comme la Tour Eiffel.

 

Mon Paris d’à moi, c’était mes rêves de gosse, mon temple de la culture, c’était une vision prophétique.

 

Mon Paris d’à moi n’existe plus, il n’est plus qu’illusion. Fréhel chante du hip hop, la star des ministres de la culture défile en tête des technos parade, la langue verte des banlieues est remplacée par les « Nique ta mère » et les « va te faire enculer bouffon ». J’ai rêvé d’une capitale pour me rendre compte que la France est remplie de cathédrales. Seul les journalistes se fourvoient encore dans l’éloge de ce qu’ils pensent être le centre du monde, la vie est partout aujourd’hui, nos régions vivent et créent, rassemblent et dispersent, il n’y a plus de centre de la culture française, il y a tout simplement une culture française, n’en déplaisent aux Fogiel et autres Ardisson, à ceux qui ne font qu’inviter dans leurs émissions franciliennes les copains des copains des copains, qui font de l’auto promotion à Volo, qui ne connaissent de la France qui ce qui est à l’intérieur de leur périphérique.

 

Je rêvais de Paris dans mes jeunes années, aujourd’hui mon Paris est partout. Néanmoins, je garde de la capitale ses monuments, ses promenades, ses musées, mais je n’y trouve plus d’âme, plus cette particularité qui me faisait considérer Paris comme une autre province, ou alors juste quelques bribes éparses ici et là.

 

RcW avril 2007

Par RCW - Publié dans : Mes convictions, mes attaches
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus