Visiteurs

casino

Recherche

Derniers Commentaires

Présentation

Recommander

Publicité

Samedi 24 novembre 2007

Oh France, au nom de quelle égalité te maltraite-t-on, au nom de quelle liberté veut-on museler ton système d’éducation, au nom de quelle fraternité paupérise-t-on les plus pauvres et enrichit-on les plus riches ?

 

Il est rare que je me mêle de grèves quand je ne suis pas dans la profession ou dans la situation pour être plus exact, car je ne peux parler de profession quand il s’agit d’étudiants.

 

Toutefois, je ne peux rester indifférent  à ce qui est train de se tramer, de réagir aux mensonges et paradoxes ambiants, aux justifications des mesures prises.

 

Nous avons un gouvernement et des médias assez curieux qui trouvent un jour l’exception française comme excellente excuse pour faire une promotion particulière et qui, le lendemain, trouve comme justification  aux tests ADN que ça se fait aussi ailleurs, alors pourquoi pas chez nous. C’est selon, comme les petits enfants dans la cour de récréation qui cherchent tous les jours une autre excuse pour justifier leurs actes.

 

Je suis du même avis que bien des usagers des transports en commun, la grève des cheminots a été catastrophique pour bon nombre de citoyens. Je pense que d’autres mesures peuvent être prises, et je reviens systématiquement à la même conclusion : laissez donc les transports gratuits dans ce genre de cas, cela a le même effet tout en ménageant les usagers. Cela n’empêche pas une manifestation de rue, mais cela attire la sympathie.

Bon, peu importe la méthode, parlons du fond. Je ne peux pas comprendre que l’on puisse parler d’égalité en matière de cotisations pour la retraite sans parler de pénibilité de travail, sans parler forcément des cheminots. Il me semble aussi évident que c’est plus facile aujourd’hui de conduire un train qu’il y a 50 ans, qu’un conducteur de locomotive est plus occupé à surveiller son train qu’à enfourner du charbon, et c’est tant mieux. Mais y avait-il une telle urgence à réformer ces régimes spéciaux au lieu de vraiment repenser et prendre à bras le corps ce souci d’années de cotisations ? Quand j’entends le Président et ses ministres dire « Nous avons été élus pour ça ! », mes poils se hérissent. NON : vous avez été élus pour bien d’autres choses encore qui sont certainement plus urgentes et je suis loin d’être persuadé que c’est sur ce point précis que mes compatriotes vous ont donné leur confiance.

Comme le proposait François Bayrou, il eut été judicieux de mettre sur la table le panel de tous les métiers, puis de définir des échelons de pénibilité afin de déterminer, ensuite, une durée de cotisations. Il ne s’agit même pas de parler de branches de métiers, car le secteur minier compte des gens travaillant au fond des puits et des bureaucrates, c’est donc bien le métier même qui doit être le facteur déterminant. Je suis même d’avis que certaines personnes peuvent cotiser jusqu’à 42 ou 43 ans alors que d’autres devraient en effet ne cotiser que 35 années, pourquoi pas. Il ne faut plus parler de régimes spéciaux dans ce cas, mais de régimes adaptés, ce qui serait moins péjoratif. Aussi curieux que ça paraisse, mettre tout le monde à 40 annuités, c’est créer des inégalités, mais Bon Dieu, cela devrait être évident !!

 

Quant à la grève des étudiants… que de discussions de café du commerce sont données comme vérités ! Il est pour moi un fait indéniable : si les entreprises privées peuvent financer les universités, il me semble évident que celles-ci vont privilégier des études qui fourniront un vivier de leurs besoins, et qu’elles privilégierons les formations d’ingénieurs, de techniciens au grand dam des formations littéraires et des sciences humaines. Ainsi, pour faire de telles études « non subventionnées » faudra-t-il payer des écoles privées, charmant pour nos classes ouvrières.

J’estime qu’il est dangereux pour une société de se tourner vers ce fonctionnement, car elle produira de la « chair à entreprises » et elle massacre ceux qui peuvent apporter la réflexion, la remise en question, à moins que cela ne soit voulu et désiré par un certain pouvoir en place.

 

Je plains d’avance nos générations de demain pour qui la philosophie, la sociologie représenteront un vague concept. Montesquieu, Rousseau et Voltaire doivent se retourner dans leurs tombes. Verlaine, Hugo, Zola, Rodin, Berlioz, Delacroix, etc. merci d’avoir existé, mais ceux qui nous gouvernent ne vous ont plus en références, si toutefois ils ont un minimum de culture. Une société qui ne produit plus d’artistes et plus de penseurs est en déclin. Une société ne s’envisage pas à court ou à moyen terme, elle se regarde de façon à être pérenne et évolutive. Il me semble que c'est l'homme et l'humanisme qui doit être l'essence d'une civilisation, et non pas les besoins économiques. Quoiqu'il en soit, je hurlerai cette vérité jusqu'à ma mort et je ne cautionnerai jamais un système dans lequel la pensée, la création et la compassion seront absentes.

 

Où sont nos journalistes indépendants, où sont les esprits impartiaux, en restent-ils sur nos ondes ou sont-ils priés de se taire, menacés de licenciement s’ils ouvraient leurs bouches ? Est-ce cela une démocratie ?

 

Je conseille à tous mes lecteurs de relire ou de lire 1984 de George Orwell.

 

RcW Novembre 2007


Par RCW - Publié dans : Coups de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 16 novembre 2007

Ce 12 novembre au matin, tu nous as fait un pied de nez, tu es allé voir Chagall ou Picasso ou encore Pavarotti ou Brel. Es-tu déjà sur les planches avec Germain Muller ou apprends-tu la trompette avec Louis Armstrong ?

 

Depuis ton départ, ce sont nos images d’enfance qui défilent, tes blagues, ton humour naïf au bon sens du terme. Tu as été un homme simple, un exemple de courage. Depuis trois ans, tu ne t’es pas plaint de ta maladie, acceptant toutes les contraintes, sans rechigner, et explosant de projets dans ta tête, explosant de mots, d’images, de visions d’avenir. Tu as ignoré ta maladie pour vivre et vivre encore.

Tu as su aller au-delà des apparences, acceptant l’autre tel qu’il était, sans juger, mais cherchant toujours ce que l’autre pouvait te donner en plus, t’apporter pour grandir, et tu as su donner et donner de toi, sans te fatiguer un seul instant.

 

Combien de frères se sont écrit « Je t’aime », combien se sont amusés à se surprendre par leurs côtés artistiques ?

 

Je te connais autrement que par ce que disent les amis, les copains fidèles qui t’entouraient, je me souviens que tu cherchais refuge près de moi, même adulte, lorsque nous regardions un film d’horreur, te réfugiant près du « grand frère », ce fut un moment rare. Mon frère, je t’aime à en crever et je sais que de là où tu es, tu continues à être proche, à regarder à travers ce prisme d’une autre dimension ce qui advient de moi, de nous. Tu es mon sang et moi le tien, tu es un autre côté de moi, moi un autre de toi.

 

J’ai du mal à trouver les mots justes, mais ils sont vrais.

 

Que Dieu te garde, que les anges te tutoient, te fassent plaisir, et toi, continue à raconter tes blagues, souvent vaseuses, mais qui portaient tellement ta marque de fabrique. J’aimerais tant t’entendre rire et faire rire.

 

RcW novembre 2007

Par RCW - Publié dans : Mes convictions, mes attaches
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 5 novembre 2007
Madame Lagarde,

 

Avec stupéfaction je viens de lire vos recommandations concernant notre nouvelle façon d’aller travailler en France et vos suggestions, afin d’économiser l’essence et de réduire nos frais. Cela me va droit au cœur. En effet, comment n’y avons-nous pas songé avant ? Nous sommes vraiment des imbéciles ou, soyons plus « populaire », des cons finis ou des idiots. Où alors vous nous prenez pour des cons et des idiots, et là c’est autre chose.

 

Mais bien sûr nous pouvons aller travailler en bicyclette et faire du covoiturage ! J’ai même pensé à la montgolfière par vent favorable, le souci restant le retour, car il faudrait que le vent change de direction en fin de journée.

Pensez-vous vraiment que, vu la situation économique de près de 80% des travailleurs dans ce pays, que ces mêmes travailleurs n’ont pas déjà songé à tout faire pour économiser au maximum ? Si vous faites un peu de vélo, le dimanche, dans le parc que vous aimez et par temps clément, ne pensez surtout pas que ce soit une partie de plaisir que de rouler par pluie, par neige et par verglas sur des kilomètres pour aller au boulot ! Avez-vous fait l’école du cirque ? Si oui, pour l’instant vous avez des cours de rattrapage à prendre, car comme clown vous avez encore du chemin à faire et vous ne me faites pas rire du tout. Gardez donc vos commentaires pour vos salons de bourgeoises du dimanche et arrêtez de raconter des âneries ! A quand une nouvelle phrase de votre part du style « Donnez leur du pain, des jeux et un vélo ! »

 

Pensez-vous, Madame, que, lorsque le covoiturage est possible, que les gens ne le font pas ?  M’enfin ! Le peuple français n’est pas un peuple de gamins et ne confondez pas le niveau intellectuel que vous supposez que le peuple français possède avec la réalité, ou alors c’est vraiment une insulte !

 

En fait, vos commentaires ont suscité une énorme colère en moi, et j’ai honte qu’un dirigeant de notre pays puisse faire de telles phrases, de telles suggestions ! Vous rendez-vous compte que la classe moyenne est en train de disparaître, vous rendez-vous compte que les gens rament pour s’en sortir, vous rendez-vous compte qu’il existe une pauvreté en France et que celle-ci commence à toucher une grosse partie du peuple ?

 

J’ai d’autres propositions à faire qui devraient aller dans votre sens

-         Habitez en colocation ;

-         Sous-louez vos greniers ;

-         Si vous n’avez pas de bicyclette, empruntez la trottinette à votre fils ;

-         Allez au travail en jogging, ça fera du sport en même temps.

 

Ah, mais je suis bête, vous avez peut-être oublié que tout le monde ne vivait pas à Paris. Alors pour information, je vous rappelle que la région parisienne compte grosso modo 12 millions d’habitants et qu’il y a à peu près 52 millions de personnes qui vivent ailleurs, que les vélib n’existent que dans la capitale et que beaucoup de personnes font 50 km ou bien plus pour aller au boulot. Ce que les journalistes appellent « Province » constitue toutefois la plus grande partie de notre pays, et que ce n’est pas juste une petite banlieue verte. Je vous y convie quand vous voulez.

 

En attendant, essayez de temps en temps de partir du principe que vous n’êtes pas la seule adulte de notre chère nation et que vous avez des responsabilités lourdes, que vos mots blessent, heurtent et que mine de rien, à côté d’une poissonnière avec du bon sens, je ne sais pas encore laquelle de vous deux aura le plus de classe et de maturité. Pour moi, vous avez été au ras des pâquerettes avec vos réflexions stupides, vos idées préconçues de petite enfant gâtée.

 

Avec tout le respect dû à un rang que vous ne méritez peut-être pas, il y a vraiment un « sacré Nom de Dieu » au fond de ma gorge.

 

Robert C. Wirth

Novembre 2007

Par RCW - Publié dans : Coups de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 17 octobre 2007

La France, pays des droits de l’homme, de la différence culturelle, de l’égalité, de la fraternité est-elle devenue le royaume des passe droits, du règne des petites connivences, des retours d’ascenseurs dans tellement de sens que le pauvre petit inconnu se croit complètement damné et voué à l’échec ? Mon constat est que oui !

 

Il ne suffit plus d’être bardé de diplômes, de talents, il faut aussi être pistonné ! Dans le cas contraire, nous assistons à un florilège de petits boulots accessibles, en effet, à condition de respecter une certaine tranche d’âge, soit entre 26 et 35 ans ! Toutes les chances de son côté durant 9 ans ! Fabuleux pour une société dont le mot d’ordre du gouvernement est « Travaillez plus pour gagner plus et plus longtemps ». Certes, ces petits boulots permettent de survivre, mais il est inacceptable que les grandes entreprises sous-payent leur personnel pour engranger un maximum de bénéfices, car elles ne sont pas pingres pour augmenter continuellement leurs tarifs, et le « petit » personnel est obligé de faire appel constamment aux APL et autres aides sociales pour pouvoir s’en sortir. Nous assistons à une augmentation des bénéfices privés au détriment  des pouvoirs publics qui déboursent… il y a comme une couille dans le piano !

 

Trouver un travail ! Que épreuve de force, quelle galère… Hélas, je ne connais pas quelqu’un de « bien placé » ou quelqu’un qui a une quelconque influence, donc je rentre dans le circuit « normal » des démarches. Il est évident qu’en étant dans les petits papiers de quelqu’un, c’est bien plus facile. Je ne veux pas critiquer ici l’ANPE qui en fait certainement un maximum, et je n’ai pas à me plaindre de ses services. Toutefois,  autant je comprends cet effort constant de faire en sorte qu’un chercheur d’emploi sache faire un CV correct et une lettre d’accompagnement sans fautes…. Autant j’ai du mal à gober toutes ces méthodes innovantes de rédaction de Curriculum Vitae dernière mode… comme si tous les DRH du monde étaient à l’attente de cela. Ainsi, on me dit de ne pas mettre mon âge pour éviter cette discrimination qui m’atteint de plein fouet… Soit, mais n’importe quel quidam saura le calculer en voyant que j’ai un BTS en main et que j’ai commencé à travailler en 1981… j’ai au bas mot 46 ans, c’est le cas, ou plus si jamais j’ai redoublé une ou plusieurs classes … et il y a aussi très peu de jeunes gens de vingt ans qui se prénomment Robert… (Ça je le regrette par contre !) Bon, il doit bien y en avoir une paire de jeunes Robert quelque part…

 

Je n’aime pas citer un exemple pour en faire une généralité, mais tout de même… Je connais un jeune directeur d’hôtel qui recrute de la façon suivante, peu importe si le CV est bourré de fautes ou exemplaire… Il fait une pile « garçons » et une pile « filles ». Ensuite, il fait un classement vertical de la pile garçon (poubelle pour ceux qui ne savent pas). Puis il faut un deuxième classement : CV avec photo et CV sans photo, puis la pile sans photo part également à la poubelle. Et ensuite il choisit dans la pile « CV filles avec photo », baisable ou pas baisable… Édifiant non ? Ça se passe à Strasbourg, dans un grand groupe hôtelier que Michel Houellebecq  a appelé Aurore dans son roman Plateforme. Ceux qui sont désireux de savoir de quel groupe il s’agit sauront le retrouver. Certes, ce n’est pas l’attitude de tout le groupe, fort heureusement, mais ces pratiques existent ! Que ce soit sous cette forme ou une autre… Un autre « Responsable des Ressources Humaines » embauchera car il trouvera dans les loisirs du candidat un des siens, mais il est évident que l’on peut avoir le meilleur des CV et ne pas être pris. Le plus frustrant étant de ne jamais connaître la raison du refus et de devoir se taper cette fameuse lettre type « Malgré tout l’intérêt que présente votre profil, nous sommes au regret de ne pouvoir donner suite à votre candidature… »

 

Alors je propose que tout employeur se doit de répondre à une lettre de candidature et de devoir donner les raisons exactes d’un refus. Certes, c’est fastidieux, mais c’est extrêmement frustrant de se donner la peine d’envoyer des réponses à des offres et d’attendre comme un con une soixantaine de réponses, ce qui est mon cas ! Il faut tout de même que les entreprises intègre le fait que de ne pas répondre est une mauvaise publicité pour elles ! Il n’y a rien de pire que de ne pas répondre à quelqu’un pour se faire mal voir, car on ne sait pas du tout dans quel secteur le candidat va trouver un travail par la suite et éventuellement il pourrait être un futur client. Mais je trouve fatiguant de devoir donner des cours de mercatique élémentaire à des DRH avertis. Enfin avertis…  Quand on s’aperçoit de certains motifs d’embauche on tombe des nues…. Comme mon exemple cité plus haut… sans parler bien évidemment de toutes les personnes pistonnées. Je trouve extrêmement regrettable de ne pouvoir avoir d’entretien, de ne pouvoir défendre son beefsteak, de ne pouvoir montrer sa personnalité. Bien entendu que souvent il y a 200 réponses à une offre, je le conçois aisément, mais quand on sait, en tant que candidat, que l’on répond souvent à 99% d’un profil, on se pose des questions. Il y a une foultitude de gens qui répondent à toutes les annonces, sans faire un tri, et on ne peut convoquer tout le monde, mais il y a déjà beaucoup moins de candidats qui répondent précisément à une demande.

 

J’ai aussi en tête cette fameuse phrase à la mode « Ben tu sais, si tu veux partir, il y en a 150 qui attendent devant la porte… » Je suis sûr que tout le monde la connaît. Et celui qui la prononce ne mérite pas sa place ! Bien entendu qu’il y aura toujours 150 réponses à une offre, mais combien de gens vraiment compétents pour remplacer un individu performant ? Soyons optimistes : 3%. Alors Messieurs les chefs de service, les DRH, les patrons, intégrez juste un peu d’humanisme dans vos comportements. A poil, vous ressemblez à tout le monde et je me plais à répéter que dans vos tombes vous pourrirez comme chacun d’entre nous, alors faites en sorte de ne pas être déjà pourris avant.

 

J’ai en tête mon expérience à Texaco de 1988 à 1990. Curieusement, cette société américaine prônait l’interdiction de la discrimination sexuelle, religieuse et raciale, et tout chef de service surpris à pratiquer cela était licencié sur le champ. Il existait aussi une loi interne qui stipulait que tout employé devant, pour une raison de force majeure, travailler après 21 heures avait le repas du soir offert dans un restaurant. Il n’y avait pas de syndicat pourtant dans cette entreprise à l’époque, il y avait simplement un comportement social, un comportement courtois, et Dieu sait que l’on attendait aussi des résultats, c’est évident, mais il existait une politesse qui allait dans les deux sens, et les salaires n’était pas le Smic non plus, que ce soit pour un employé de base ou pour un cadre. La mutuelle était offerte à tout le monde et le 13ème mois était aussi de circonstance. Je n’ose même pas parler de la motivation des gens qui étaient mes collègues à ce moment là, elle était simplement exceptionnelle ! Certes, c’est encore un exemple qui n’est pas une généralité, mais quand on parle de motivation, de force d’une entreprise, celui-ci me vient en tête, car là j’avais en effet une fierté d’appartenance et je défendais bec et ongle cette entreprise, pourtant américaine, qui m’employait ! J’évite de parler des repas de fin d’année qui ne se passaient pas non plus dans des gargotes….

 

Je tiens aussi, par cet article, à saluer très amicalement Monsieur Paul Landowski, président de l’association Café Contact Emploi qui se donne comme vocation de réunir un samedi matin par mois des personnes en recherche d’emploi et des employeurs pour justement boycotter ce système d’envoi de CV et de lettres de motivation et permettre un contact direct et immédiat avec un éventuel patron.

 

Café Contact Emploi : www.cafecontactemploi.fr

 

 

RcW Octobre 2007

Par RCW - Publié dans : Coups de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 12 octobre 2007

Étant actuellement au chômage,  il est clair que j’aimerais déjà travailler tout simplement pour gagner plus que le montant des Assedic.

Ceci étant dit, chaque travailleur peut maintenant faire des heures supplémentaires sans que celles-ci s’ajoutent au montant imposable et elles sont exonérées pour le patronat.

Je me permets d’être par contre très dubitatif quant aux résultats de cette mesure. Et cela pour plusieurs raisons :


 

Ÿ      Pas d’heures supplémentaires sans accroissement d’activité

 

Il est évident qu’aucune entreprise ne va faire faire des heures supplémentaires à ses employés sans qu’il n’y en ait nécessité. Autant cela semble évident, autant tout le battage médiatique concernant cette mesure semblait  mettre celle-ci en exergue comme « La mesure phare » pour relancer l’économie. Analysons plus précisément cela… A ce jour, toute entreprise ayant un regain d’activité faisait certes appel à des heures supplémentaires, voire à des contrats en intérim ou en CDD. Pouvoir faire faire des heures supplémentaires non taxées à ses employés va, en effet, accroître le travail de certains, mais au détriment des contrats en CDD ou en intérim. Alors je me pose la question : où est l’avantage économique si certains pourront effectivement gagner plus d’argent, mais d’autres se retrouveront le bec dans l’eau et sans contrats, même précaires.

 

Ÿ      Effets sur quelles entreprises ?

 

Il me semble aussi évident que toutes les unités de production fonctionnant en équipes pourront difficilement faire appel aux heures supplémentaires. Je vois mal un employé ou un ouvrier faire des heures supplémentaires et faire attendre son remplaçant lors du changement d’équipe. Nous avons déjà un premier souci. Certes, on peut imaginer que deux personnes travaillent conjointement à un même poste, mais encore faut-il que ce ne soit pas sur une machine ou alors l’entreprise devrait investir dans une ou des machines supplémentaires en cas d’accroissement d’activité, ce qui serait une absurdité en soi. Il en est de même pour les emplois de bureau où il faut prévoir l’espace supplémentaire pour les gens de l’équipe précédente qui restent. Les seules entreprises que je vois réellement fonctionner en heures supplémentaires sont les entreprises artisanales, les maçons, couvreurs, ferblantiers, etc… ainsi que certaines entreprises de service telles les services en informatique, les entreprises de nettoyage, etc. A priori, d’après l’ANDRH (Association Nationale des Directeurs de Ressources Humaines), la disposition concernerait un maximum d’un tiers des entreprises.

 

Ÿ      Effets sur l’ambiance de travail

 

« Dans le cadre d’une bonne ambiance de travail, les heures supplémentaires ne posent pas de problème… » Très facile à dire, mais que va-t-il en être réellement ? J’ai peur que l’on assiste très rapidement à un système de clans. Curieux, certes, mais comment ? Par un principe extrêmement simple ! Un célibataire sans engagement familiaux et sans attaches sera bien plus disponible pour faire des heures sup qu’un homme ou une femme marié, avec enfants, qui aura des horaires fixes pour chercher un fils ou une fille à la crèche ou à l’école, qui sera dépendant d’horaires autres que celles de son entreprise donc. De fait, pour une évolution de carrière, j’imagine fort bien de par mon expérience, qu’un patron souhaitera bien plus faire évoluer quelqu’un qui montre de la « bonne volonté » que quelqu’un qui va être limité dans sa disponibilité. Et je suis loin d’être persuadé que ce seront les plus compétents qui feront la meilleure carrière du coup. Je tiens à préciser que je suis célibataire et gay et que je ne parle pas du tout pour ma gouverne, mais j’aime ce qui est juste et droit.

 

Ÿ      Contre effets de la disposition

 

J’ai quelques craintes que cette disposition concernant les heures supplémentaires n’ait quelques effets tout à fait contraires quant au chômage. En effet, certains patrons ne verront-ils pas dans cette nouvelle niche une occasion de licencier du personnel ? On peut très bien imaginer qu’une entreprise de 20 personnes, par exemple, en licencie cinq et fasse faire des heures supplémentaires au quinze restant pour pallier le travail de gens se retrouvant au chômage. Je n’aime pas être un oiseau de mauvais augure, mais beaucoup de dirigeants d’entreprises ne sont pas des philanthropes. Alors attendons… j’espère toutefois de tout mon cœur que tous les employés précaires ne se retrouvent dans une situation encore plus précaire et que le personnel en place le restera… mais je crains que ce ne soient que des vœux pieux.

 

Ÿ      Mon avis

 

Je crois que François Bayrou avait envisagé une autre disposition qui aurait été celle de détaxer les 10 premières heures travaillées dans le mois. Là, en effet, la disposition aurait concerné tous les travailleurs, sans aucune exception et cela aurait eu un effet immédiat sur la consommation en France. Comme Monsieur le Président de la République se targue d’aller chercher lui-même la croissance à 3%, il me semble que celà aurait été un des moyens à mettre en place, mais encore fallait-il le faire… Mais j’imagine que ses conseillers avertis, ayant certainement une plus grande expérience en économie et en vie d’entreprise comparée à ceux dont je fais partie qui y ont passé plus d’une vingtaine d’années, ont certainement une vision bien moins étroite et plus avertie que la mienne. De mon côté, j’essaye juste d’avoir un peu de bon sens et de ne pas aller uniquement dans le sens du patronat.

 

 

RcW Octobre 2007

Par RCW - Publié dans : Economie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 6 octobre 2007

Essai d’explication de ce qu’est le « Heimweh », ce mot germanique difficilement traduisible, en hommage à Stephan Eicher , oui je sais aussi citer du « people » quand il faut. Certes, la traduction littérale est « le mal du pays », mais c’est loin d’être suffisant. Je donne ma définition en allemand, ça change de l'anglais et c'est aussi ma deuxième langue du coeur.

 

Heimweh

 

Goldtränen der Kindheit, Zigarrengeruch vom Großvater,

Hornung statt „Février“, Traubenmost im Mund, Spätjahrwind,

Küchenwärme, Mutterstimme, Vaters Stärke und Vatersangst,

Rote Hände von Himbeerenbrühe, Großmutters altmodischer Plattenspieler,

Winterskälte, Familienstammwärme, Glühwein oder „Vinchaud“,

 Beerewecke und Heintje, Hanstrapp und Mitternachtsmesse,

 

Heißer Sommer und warten auf Regen um die Arbeit auf dem Feld zu verhindern,

Schwarzweiß Fernseher, Sendungen auf Französisch, Derrick auf Deutsch,

Brennholz spalten, erstes frisches Bier, Geborgenheit, Sicherheit.

Dialekt und spuck' hinter die Vogesen,

Dialekt und spuck' über Hochdeutsch von drüben.

 

Erste Liebe, erster Schreck, totgeschlagene Sexualität und langsame Wiederauferstehung,

Neue Lieben, Aufwachen des Ich, erste Texte,

Erste Freudentränen vor dem Straßburger Münster,

Emotion vor Kunst,  vertieft in Thomas Mann,

Begriff von dreifacher Kultur,

Der Rhein ist keine Grenze sondern eine Ader,

Hans Arp ist ein Europäer,

Ich möchte nur noch lieben, Menschen treffen, und lieben und lieben.

 

Heimweh ist wenn ich diese große Wiege nicht mehr fühlen kann und wenn mein Körper und meine Seele sich so leer fassen lassen wie ein Grab ohne Körper.

 

RcW octobre 2007

Par RCW - Publié dans : Mes convictions, mes attaches
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 28 septembre 2007

« L’art est dans le regard du spectateur. » C’est un peu téléphoné comme phrase, j’en conviens, et ce fut entendu dans un téléfilm à trois sous. Bien entendu, quelqu’un qui n’y connaît rien va trouver une tête de berger allemand maladroitement peinte assez géniale ou va être en extase devant une maison préfabriquée avec une jolie tourelle et va appeler ça le « renouveau de l’architecture », mais restons simplement lucides et sincères et essayons d’analyser ce qui se passe actuellement, ou disons plutôt depuis une bonne vingtaine d’années et qui va en s’accentuant dans le monde de l’Art ou plus précisément dans le monde de ce qui est appelé les Arts Plastiques.

 

En automne 2005, je me promenais du côté de Sélestat, petite ville du Centre Alsace, dont le fleuron est certainement la bibliothèque humaniste, fondée en 1452. J’ai été étonné pas des bandelettes multicolores collées sur les bords des trottoirs, certaines tombaient, imbibées de pluie, d’autres étaient sales à force de se faire rouler dessus par des rollers et autres vélos. J’avoue que je me sentais imbécile, je ne connaissais pas ce marquage de la DDE. Certes, j’ai passé mon code de la route en 1979, il y a certainement eu des modifications d’indicateurs routiers divers depuis… J’en parle vaguement à une amie qui habite la ville. Elle éclate de rire et m’explique qu’il s’agit d’une œuvre d’art contemporaine achetée par la ville pour le Sélest’Art 2005 ! Ok ! L’exposition est intitulée « De la couleur avant tout chose », ce qui explique ces bandelettes sur les trottoirs ! Bon, cool ! Alors soit je suis un imbécile fini et je ne comprends vraiment plus rien à l’Art ou alors on me ou nous prend pour des imbéciles ! De plus, quand j’ai appris le coût de « l’œuvre de rue », j’ai failli faire une rupture d’anévrisme ! 15 000 € ! N’étant pas habitant de Sélestat ou du canton, je me suis senti soulagé, mais le même genre de conneries existe dans d’autres villes, et je  suis aussi exposé au fait que mes impôts locaux servent à financer des initiatives d’une telle stupidité ! Dépenser 15 000 € pour des bandelettes multicolores sur des bords de trottoir qui tiennent à peine trois jours en cas de pluie, ce n’est plus de l’art, c’est de la connerie de premier ordre ! Ou alors on peut intituler cela « comment dépenser l’argent public de la façon la plus débile qui soit ! » Je ne peux cautionner cela, si on veut faire découvrir les couleurs aux habitants d’une ville, il y a plus simple et moins cher, offrir une boîte de crayons de couleurs à chaque famille ! Et au moins ce sera utile !

 

Bien sûr, à me lire, on va penser que je suis un conformiste de première, que le réac que je suis a horreur du contemporain, ce qui serait un jugement hâtif et erroné. Je suis un admirateur de Picasso, de Kandinsky, autant que du Caravage ou de Rembrandt, autant, pour rester plus régional, de Camille Claus, Tomi Ungerer, Charles Algner ou autres Pierre Gangloff, loin de moi toute idée de refus du contemporain, bien au contraire, j’en suis plutôt avide, mais je suis contre le foutage de gueule. Je suis pour l’exposition de pissoirs dans une exposition si effectivement ils peuvent servir à leur fonction première, et « Jacob Delafon » ne m’en voudra pas de ne pas être considéré comme un artiste. Je suis surtout contre les galeristes et les journalistes qui veulent imposer au peuple leur idée de l’art, leur vision comme étant la voix messianique de ce qui est valable et de ce qui ne l’est pas. Tous ces gens oublient que Van Gogh a été décrié en son temps au profit de guignols dont certains sont tombés dans l’oubli, sans oublier que derrière cela se cachent, comme bien souvent, des histoires de copinage, de renvois d’ascenseur. Je remercie encore mille fois celui qui a osé vers 1994 tagger une horreur qui avait été posée place de Haguenau – Strasbourg en inscrivant en grosses lettres « C’est de l’art ou du cochon ? » La statue a été vite enlevée par les services municipaux. Ce n’était ni une compression de César ni un Rodin, que tout le monde se rassure. Je me souviens juste de l’assentiment populaire qui a eu lieu, pour une fois qu’un taggeur faisait rire… ça laisse un souvenir de première ! D’ailleurs, qui du sculpteur ou du taggeur avait réussi à donner le plus d’émotions, lequel a été le plus artiste des deux ?

 

Je respecte tous les artistes, toutes les formes d’expression tant que l’on n’impose pas aux spectateurs, lecteurs, auditeurs ce qu’est l’Art ! Alors oui aux expositions hétéroclites, non aux thèmes imposés qui ont aussi souvent le tort de bloquer des artistes dans leurs créations car le thème ne leur convient pas forcément. Une œuvre d’art est l’expression d’un homme pour des hommes, je le répète, et pas l’expression d’un critique ou d’un journaliste pour un public jugé idiot. Et n’oublions pas que chaque être a ses références, son ressenti, ses émotions et que ceux du critique ne sont pas ceux du voisin, ni de mon banquier ou de mon toubib. L’art est universel par définition, j’aime Stephan Eicher et je déteste Mylène Farmer, pour d’autres c’est l’inverse, j’adore Mozart et je déteste Boulez, pour d’autre c’est tout à fait autre chose, alors merde ! Je décrète que je fais mes choix, mais je suis aussi assez futé pour ne pas dire que Mylène Farmer ou Boulez, ça ne vaut rien, ça ne me va pas, c’est tout. Pour autant je sais discerner si telle ou telle chose est une merde immonde, et quand une municipalité décide que des collages de papier sur trottoir sont une œuvre d’art, je plains les citoyens de la ville.

 

Pour en finir avec le Sélest’Art et mes diatribes, je me souviens d’un temps ou celui-ci était un patchwork de tout l’art régional, attirant des milliers de visiteurs, les vernissages étaient un grand moment de fête, à ce jour, pour avoir du monde au vernissage, il faut inviter des personnalités et leur promettre un repas gastronomique pour au moins pouvoir décréter une inauguration avec quelques visiteurs un peu paumés….

 

O tempora, o mores….

 

RcW Septembre 2007

Par RCW - Publié dans : Coups de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 19 septembre 2007

Je ne peux me taire : d’où est-ce que notre cher Président de la République tire donc ses slogans ou quel est l’imbécile fini qui le conseille ???

 

J’ai déjà assez parlé de sa fameuse phrase utilisée durant sa campagne électorale « Le travail libère » qui est la traduction littérale de ce qui était inscrit sur les portails des camps de concentration nazis soit « Arbeit macht frei » ! Je me permets de rappeler que ces camps de concentration ont fait environ 6 500 000 morts d’après les historiens !

 

Maintenant il parle de « Révolution culturelle » dans le fonctionnariat ! Là aussi, je me permets de rappeler que ce terme a été utilisé en Chine sous Mao-Tsé-Toung et a aussi généré entre 20 et 40 millions de morts d’après le peu d’estimations que nous avons, dont un million directement lié à la révolution en elle-même et les autres victimes dues au « Grand bond en avant ».

 

Alors Monsieur le Président, il est clair que certains de vos électeurs ne sont peut être pas choqués par les termes que vous utilisez par manque de culture mais je vous prie de respecter tous ceux qui se souviennent de ces termes sous un bien autre aspect. Merci de respecter ceux qui sont morts à cause de ces slogans, vous qui savez si bien faire lire maintenant la lettre de Guy Moquet à nos jeunes élèves lors de leur rentrée scolaire.

 

Changez aussi de conseillers pour ce genre de choses, ou veuillez peut-être taper vos slogans sur google ou autre moteur de recherche sur Internet juste pour vérifier qu’ils ne font pas référence à un génocide.

 

Ne m’en veuillez pas, mais je ne peux qu’être horrifié d’entendre ce genre de paroles dans la bouche de mon Président. Je suis tant fier d’être français !

 

Avec ma plus haute considération,

 

Robert C. Wirth le 19 septembre 2007

Par RCW - Publié dans : Coups de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 1 septembre 2007

Je prie d’excuser mes lecteurs réguliers de mon manque d’articles ces derniers temps. Hélas, des soucis personnels ne me permettent pas, pour l’instant, de me consacrer plus à des articles économiques, politiques ou autres.

Toutefois, venant d’enterrer un ami d’enfance, il y a une foule d’éléments essentiels que je tiens tout particulièrement à souligner, et que nos dirigeants, nos proches, nos amis, nos supérieurs, nos connaissances directes et indirectes semblent tellement oublier.

 

La toute première est certainement que chacun d’entre nous est venu au monde à poil et nous repartirons à poil, ou habillés pour la circonstance par la famille. Mais cet habit ne fera pas le moine pour être bien vu dans l’au-delà, pour ceux qui y croient.

Je n’ai pas pour habitude de mettre en avant des convictions religieuses, j’ai les miennes, qui sont proches du christianisme, mes amis les plus proches sont agnostiques ou musulmans ou bouddhistes, comme quoi je ne vis pas dans un ghetto, mais peut-être entouré de personnes qui ont des visions communes, une certaine foi en l’homme et avec d’autres visions que simplement la promotion ou la défense d’intérêts tout à fait individualistes.

 

Je crois toutefois qu’il est grand temps de commencer à prendre un peu conscience du fait que dans un monde où l’argent est le seul moteur, où le premier souci d’une entreprise n’est plus que rarement celui du social, mais celui du profit maximum (je vise essentiellement les entreprises du CAC 40 et bien évidemment pas le petit artisan), où le travail d’équipe est prôné ainsi que la fierté d’appartenance, alors que le personnel est de plus en plus sous payé pour engranger encore plus de bénéfices (comment être fier alors de son entreprise ?), personne ne s’en va de l’autre côté du miroir avec un chéquier et une carte de crédit. Nous aurons beau mettre des actions cotées en bourse dans les cercueils de nos proches, elles pourriront autant que le reste.

 

Nos statuts de sous-chef, chef, cadre dirigeant s’évanouiront aussi avec notre mort, nos grands présidents dorment sous terre et leurs médailles doivent être rouillées depuis un moment.

 

Il me semble nécessaire de reprendre un peu de lucidité, de réfléchir au pourquoi de notre existence, de se dire qu’un jour nous serons tous sur notre lit de mort, à regarder en arrière et à faire un examen de conscience. A 20 ans on n’y pense pas, bien entendu, la mort c’est loin, à 40 ans on commence à penser à un plan d’épargne retraite, mais la mort n’a pas d’âge pour arriver. 

 

Je ne désire pas être un donneur de leçons et je suis loin d’être parfait, mais tout de même, j’ai une autre vision de mes concitoyens que celle de les considérer comme des rivaux à surpasser en biens ou en statuts. Tout homme a droit à une reconnaissance, à un respect ! J’ai cette impression que nous nous américanisons de plus en plus, et si la notion de salaire devient moins taboue en France, elle permet de frimer plus. Il m’est même arrivé de souhaiter un crash boursier afin de remettre les compteurs de tout le monde à zéro.

On pourra considérer ce genre de philosophie comme étant un manque d’ambition ! Peut-être, si toutefois on a juste une ambition à court terme finalement. Je souhaite peut être plus marquer mon époque ou ma courte vie par un héritage artistique, un témoignage, un vécu et pas par un compte en banque que mes héritiers se partageront quand mon corps sera encore chaud. Hélas, je crains que l’Art, au sens noble du terme, se mette aussi à devenir juste une niche pour investisseurs, et non plus une expression d’un homme pour des hommes. Je sais pertinemment, pour ma part, que l’édition d’un livre ne dépend plus de sa qualité mais de l’impact économique qu’il peut avoir. Il me vient juste en tête une vieille chanson de Brel qui commençait ainsi « Un jour le diable vint sur Terre…. »

 

RcW septembre 2007

Par RCW - Publié dans : Economie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 7 juin 2007

Il n’est pas simple de faire un constat vraiment exact de ce qui se passe dans nos grands groupes du CAC40, mais il me semble nécessaire de dévoiler, d’après ma propre expérience d’une quinzaine d’années dans de telles entreprises (françaises et américaines), certains points que personne de nos politiques ne cite ou n’aborde vraiment de façon claire, nette et précise. Cet essai ne se veut aucunement de gauche ou de droite, ni être une liste exhaustive, mais uniquement une vision tout a fait personnelle qui n’engage que moi. Ces réflexions et analyses  concernent autant les entreprises françaises que les étrangères, mais les décisions politiques citées sont uniquement en rapport avec la politique française en matière économique.

 

Ÿ      Parachutes dorés

Il est étonnant que lors des élections présidentielles, tous nos candidats ont dénoncé le parachute doré de Noël Forgead d’EADS. Certes, cette nouvelle tombait à pic, mais personne n’a parlé du départ de Jean-Marc Espalioux du groupe Accor qui est parti avec 12 millions d’euros, on a oublié les indemnités de Jean-Marie Messier (Groupe Vivendi-Universal) qui avait fait un tollé pourtant, de Serge Tchuruk (Alcatel-Lucent), 5,7 millions d’euros, etc. Il doit y en avoir plein d’autres, mais la presse n’est « peut-être » pas au courant.

Bien entendu, tous nos candidats se sont dit scandalisés par ces pratiques, qu’il fallait une loi pour éviter cela à l’avenir, même Mme Parisot, représentante des patrons, est montée au créneau ! Elle me faisait même penser à Arlette Laguiller, c’est dire….

Je suis resté un moment un peu stupéfait, puis je me suis dit « Mais on nous prend pour des cons ! »

Bien évidemment qu’on peut décréter des lois pour interdire ces pratiques en France, mais une multinationale, par définition, est présente dans plusieurs pays ! Qu’est-ce qui empêche une société d’ouvrir un compte au nom d’un de ses dirigeants dans n’importe quel autre pays au monde ? Rien ! Qu’est-ce qui empêche une société de faire un contrat béton à un dirigeant afin que son parachute doré soit versé en Suisse, aux Îles Caïmans, ou au Sri Lanka si elle en a envie ? Rien non plus ! Il existe également les sociétés écran qui peuvent être créées où l’on veut sans qu’il ne puisse y avoir un contrôle quelconque à partir de la France.

 

Alors je laisse les beaux discours et les textes de loi à nos politiques et à Madame Parisot afin qu’ils rassurent la populace, mais en vérité, ces parachutes continueront à exister sous une forme ou une autre. Ce qui est dramatique, c’est que l’on sera encore moins informé quant aux pratiques réelles.

 

Ÿ      Pratiques fiscales courantes

Il ne faut pas être sorti non plus de Saint-Cyr pour comprendre comment beaucoup de sociétés ne déclarent pas leurs bénéfices dans les pays qui sont les moins intéressants fiscalement. Cela peut sembler absurde au premier abord. En effet, toutes les ventes sont comptabilisées, répertoriées, il faut bien faire les déclarations de T.V.A., présenter un bilan, etc.

Et il est évident qu’une filiale française devra payer des impôts sur ses résultats exacts et en France. Ce n’est donc pas sur les rentrées d’argent que l’on pourra tricher. Je vais prendre un exemple simple pour démontrer que ce sera sur les charges que l’on trichera, ainsi que sur les achats. En fait, le mot « tricher » n’est pas juste, car tout est fait dans le respect le plus strict de la légalité.

 

Imaginons la société BOBBY qui a une filiale en Belgique et une filiale en France. La fiscalité belge est plus intéressante que la fiscalité française, donc il vaut mieux déclarer le maximum de revenus en Belgique. Comment faire pour rapatrier le plus de bénéfices dans ce cas dans ce pays ?

 

1.     Facturation de charges

Il y a un élément qui est difficilement quantifiable, vérifiable, ce sont les services ! La société BOBBY va mettre son service informatique central à Bruxelles. La filiale parisienne va être cliente de ce service informatique, elle va utiliser officiellement les compétences de la centrale informatique bruxelloise qui va refacturer ses services. Cela paraît tout à fait normal et justifié. Mais comment vérifier, quantifier ces services ?

J’ai travaillé dans une société pétrolière américaine pendant plusieurs années, j’étais le responsable informatique français, il s’agissait d’une filiale de 25 personnes à l’époque (1988). J’ai vu une facture de services d’un montant de 1 million de FRF (150 000€) pour des services qui devaient être de 4 heures de téléphone sur l’année. Certes, il fallait également prendre en compte une partie des charges de matériel informatique belges, mais cela faisait tout de même cher de l’heure ! Alors novice et plein de rage, je suis allé voir le PDG de ma chère filiale locale… Il m’a ri au nez en me disant « Mais comment voulez-vous qu’on transfère autrement une partie des bénéfices ? »

Il est donc relativement aisé de faire des transferts de bénéfice d’un pays à l’autre sans qu’aucun contrôle ne soit possible. Notre filiale de BOBBY Belgique peut donc à loisir facturer des services commerciaux, informatiques, logistiques etc. à la filiale de BOBBY France, en toute légalité. Ainsi BOBBY France fera peu de bénéfices et BOBBY Belgique sera taxée selon la fiscalité belge.

 

2.     Marge maximum dans le pays le plus intéressant

La société BOBBY produit ou vend des biens de consommation. L’idée la plus intéressante, dans son cas, est de fabriquer et de revendre les produits en Belgique. Mais il est clair que fabriquer des produits est intéressant quand on dispose d’un réseau de distribution large. Il est donc important de vendre un maximum de produits, et cela également en France, et pourtant, elle veut faire le moins de bénéfices possibles dans ce pays, pour éviter de payer des impôts pénalisants. Le tout réside dans un calcul assez savant et simple. BOBBY va revendre ses produits à la filiale française en faisant une marge optimale qui permet de réaliser un bénéfice maximum tout en permettant à la filiale française de rester concurrentielle. Le but de BOBBY France n’est pas de faire du bénéfice, mais bien évidemment d’écouler le produit. Par contre, il ne faut pas non plus que BOBBY France fasse des pertes, mais équilibre juste son budget.  Ainsi elle paiera de l’impôt minimum tout en étant extrêmement intéressante pour le groupe. Il est aussi intéressant de pratiquer ce genre d’exercice entre deux filiales d’un même pays, nous verrons plus tard pour quel motif.

 

Ÿ      Esprit, culture d’entreprise et image de marque

J’en suis à ma 4ème multinationale où j’exerce mes « talents »….. Dans chacune d’elle, on m’a parlé d’image  de marque, de fierté d’appartenance, d’esprit d’équipe, bref on entre en entreprise comme on entre en religion. Le plus dramatique, ou comique, c’est que bon nombre de petites entreprises essayent d’imiter « les grandes », à grands renforts de t-shirts, de slogans, pin’s et autre produits dérivés. Disons que je veux bien être fier de ma boîte, si ma boîte me respecte ! Mais sous tous ses abords alléchants de primes d’intéressement, de primes de participation aux bénéfices, se cachent souvent des arnaques monumentales pour ceux qui savent les déchiffrer ou les deviner.

 

Nous nous rendons compte que les salaires n’ont absolument pas évolué tel qu’ils auraient dû, car l’inflation réelle est bien supérieure, pour les biens de consommation courants, que ce que dit le chiffre officiel de l’INSEE. A force d’éplucher toutes les petites annonces de l’ANPE et des journaux, nous nous rendons aussi compte que les rémunérations proposées flirtent avec le SMIC malgré des responsabilités souvent importantes et des compétences maximales demandées.

 

Bon, soyons francs, entrer en religion dans une société qui me paye au minimum ne fera pas de celle-ci mon idole, je ne suis pas masochiste !

 

1.     Plus de paye au mérite

 

Les grandes entreprises ont de plus en plus une façon de fonctionner ressemblant au fonctionnariat, sans l’avantage d’un emploi garanti bien évidemment. Prenons la société Accor par exemple et sa filiale hôtelière ibis. Il a été mis au point ce qui est appelé le système « Acteur ». Celui-ci, au départ, veut que chaque employé, à force de temps et de persévérance, passe par des paliers successifs de compétences. On commence par être simple employé, puis on passe au stade de qualifié, puis d’expert, puis de leader. Une fois le dernier palier atteint, on a peut-être l’opportunité de devenir adjoint de direction, puis, plus tard, directeur d’hôtel. Tout a fait alléchant ! SAUF qu’il n’existe plus de tout d’augmentation individuelle, qu’un employé modèle qui ne veut pas évoluer ne verra plus jamais son salaire augmenter autrement que par les augmentations légales. Cela amène au fait qu’un tire au flanc est autant payé qu’un bosseur invétéré et que le résultat au final va être un nivellement de prestations et d’assiduité des salariés vers le bas. Les directeurs d’hôtel se doivent de respecter les règles sinon ils sont remerciés d’un avertissement.

Il faut ajouter à cela que pour passer d’un palier à un autre, il faut souvent attendre deux ans. Le passage de palier apporte environ 40€ brut/mois. Quelle augmentation mirobolante ! Cela permet, en net, de pouvoir envisager une sortie cinéma par mois pour deux personnes, agrémentée d’un cola à la sortie. Ça c’est de la perspective d’avenir ! Entre-temps, le groupe affiche des bénéfices record, mais Accor est loin d’être la seule entreprise fonctionnant sur ce principe.

Il me semble, en n’étant ni psychologue, ni directeur des ressources humaines, qu’un individu a besoin de reconnaissance, et s’il est reconnu et remercié pour ses efforts, il redoublera autant d’efforts pour son employeur. J’espère, pour les employés d’ibis, que Accor se rendra compte de cette erreur de jugement et reviendra sur des valeurs plus justes et plus rémunératrices.

 

2.     Primes d’intéressement factices

Oui, le mot factice est un peu fort pour une pratique encore une fois tout à fait légale…

Reprenons la société BOBBY et imaginons qu’elle a développé son marché français. Elle a été amenée à créer énormément de filiales avec un centre d’achat pour toutes ses unités. Pour la prime de participation au bénéfice, nous avons déjà vu qu’il était intéressant pour elle de faire partir sous des formes douteuses la plupart de ses revenus en Belgique. Il reste à savoir comment elle va faire pour verser le moins de prime d’intéressement possible en plus de la première mesure. Certes, il y a la possibilité de supprimer les primes, mais pour éviter de se mettre à dos les syndicats et pour pouvoir continuer à embaucher à très bas pris du personnel, il faut garder un moyen d’allécher les futurs employés.

Elle va déjà prendre la décision d’intéresser les employés sur le résultat de leur filiale d’appartenance respective. Il est vrai que dans l’absolu, on est plus enclin à donner de soi quand il s’agit de sa propre filiale que pour un groupe anonyme, on va motiver les collègues, former ce fameux esprit d’équipe.

BOBBY va donc faire en sorte de faire une marge maximale cachée dans sa centrale d’achat. En effet, même si la centrale du coup va devoir payer un maximum de prime d’intéressement à ses propres employés, cela sera toujours plus juteux que de devoir payer énormément d’argent à l’ensemble du personnel de ses filiales. Néanmoins, elle va quand même faire en sorte de payer un tout petit peu, afin de garder la carotte devant le bâton. Et puis, au pire, on redistribuera des frais cachés sous forme de facturation de prestation de services. Ainsi, BOBBY va continuer à écouler ses produits, à maintenir un esprit d’entreprise, à faire en sorte que les employés travaillent un maximum pour une prime minimum.

Bien sûr, BOBBY est tout à fait consciente du fait que les anciens employés devineront, à terme, le système et se révolteront. Mais bon, ils finiront bien par partir et puis on embobinera les petits nouveaux. Vu la compétence demandée, cela ne posera pas trop de problèmes, et puis BOBBY saura récompenser les très bons éléments par quelques autres moyens… Tiens, des stock options… cela fera de toute façon taire les mauvaises langues.

 

3.     Emploi de personnel étranger

Bien sûr qu’il est de bon ton d’avoir du personnel étranger dans son entreprise. Pas question du moindre soupçon de racisme au sein de nos grandes multinationales ! De plus, on va créer une charte spéciale afin de bien montrer aux médias que chez BOBBY on est vigilant quant à ce sujet épineux !

BOBBY omettra par contre de signaler que le personnel étranger embauché sera souvent là pour les tâches subalternes, qui ne nécessitent pas de grands intellectuels. De préférence, BOBBY embauchera des gens parlant un français de base, il ne faudrait pas non plus que ce personnel là épluche les lois ou finissent par se syndiquer en masse… Et puis, on pourra lui parler de ces superbes primes d’intéressement qui ne viennent jamais ou qui frisent le ridicule….

 

Qu’il n’y ait pas de méprise… Ce sont mes façons de voir et uniquement mes façons de voir qui sont exposées ici, suite à mon expérience. J’ai certainement oublié ou volontairement tu d’autres pratiques. Je ferai quelques compléments en temps nécessaire. Ce qui est dit n’est pas forcément généraliste pour toutes les entreprises, je le souhaite du fond du cœur d’ailleurs…

 

En complément de cela, j’invite fortement les lecteurs de mon blog à lire 7 millions de travailleurs pauvres – La face cachée de temps modernes de Jacques Cotta et publié aux Éditions Fayard.

 

RcW juin 2007

Par RCW - Publié dans : Economie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus